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.. Comme on respire

Couverture du livre Comme on respire

Auteur : Jeanne Benameur

Date de saisie : 23/09/2011

Genre : Littérature, essais

Editeur : Thierry Magnier, Paris, France

Prix : 6.00 € / 39.36 F

ISBN : 9782364740167

GENCOD : 9782364740167

Sorti le : 18/09/2011

  • Les présentations des éditeurs : 23/09/2011

L'écriture oeuvre et oeuvre encore.
Elle n'accomplit jamais.
Je sais.
J'ai accepté.
Être là.
C'est mon poste.
Je ne garde rien. Je ne sauvegarde rien.
Je travaille. Sans relâche.
J'ai besoin d'espérance.

L'absurdité de la guerre condamne les enfants au silence.
Quand l'écriture et les livres peuvent sauver de biens des maux...

Un livre-manifeste sur le pouvoir des mots.

Ce texte de Jeanne Benameur a été spécialement écrit pour la quatrième édition d'Un Livre une Rose, organisée par les libraires à l'occasion de la Saint-Jordi.

Jeanne Benameur est née d'un père arabe et d'une mère italienne. Dernière de quatre enfants, elle passe de l'Algérie à la France avec sa famille, en raison des violences liées à la guerre. Elle a cinq ans et demi quand elle arrive sur les bords de l'Atlantique. Depuis, c'est avec le langage qu'elle se constitue. Parallèlement à son travail d'écrivain, elle est enseignante en région parisienne et anime régulièrement des ateliers d'écriture.


  • Les courts extraits de livres : 23/09/2011

Sur mon bureau, un classeur. J'ai du mal à ouvrir, à regarder.
À l'intérieur, des dessins d'enfants.
Ici les couleurs ne servent qu'à détailler l'horreur.
Le rêve n'a plus de place.
La réalité a capté le regard. Tout le regard. C'est la guerre.

Des pays différents. Des époques différentes. L'enfance est la même.
On ne lui a pas bandé les yeux.

Je ne décrirai rien.
Ces dessins me sont entrés sous la peau.
Et qu'on ne me parle plus jamais de guerre légitime.

Je regarde.
C'est mon coeur qui éclate et qui bat. Partout.
La main d'un enfant répète une même scène, cinq fois, six fois sur une feuille. Je l'imagine. Il est tchèque, palestinien, vietnamien, juif, espagnol...C'est l'horreur qui enraye le crayon, le poignet, tout l'être... Et cela n'a pas de frontière.
Elle est là, l'atrocité.
Au sens propre du terme : elle est là, la ténèbre. Dans la répétition forcenée de ce qu'un être humain ne peut pas accepter.

Ce qui ne peut pas s'accepter ne finit pas.


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