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Auteur : Julian Barnes
Traducteur : Jean-Pierre Aoustin
Date de saisie : 12/01/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Mercure de France, Paris, France
Collection : Bibliothèque étrangère
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-7152-3154-2
GENCOD : 9782715231542
Sorti le : 15/09/2011
Ce n'était que la fin octobre, mais Phil avait tenu à allumer un feu avec quelques bûches de pommier qu'ils avaient apportées de la campagne.
De temps à autre, un peu de fumée aromatique flottait dans la pièce. Nous avions parlé de bonus de banquiers et des problèmes persistants d'Obama, avant de passer à un autre sujet : le nouveau plan de travail en érable de Joanna. Devait-elle l'huiler souvent ? "Une fois par jour pendant une semaine, une fois par semaine pendant un mois, une fois par mois pendant un an et ensuite quand on en a envie.
- On dirait une formule pour le sexe conjugal. - Dick !". On est dans la classe moyenne anglaise, entre gens de bonne compagnie, on vit plutôt bien, on jardine avec ardeur, on part en longues randonnées pédestres, on fait l'amour, et entre chaque nouvelle de la première partie de Pulsations se déroule le fil de conversations de table parfois assez lestes et pleines d'ironie. Mais brusquement, comme il sait si bien le faire, Julian Barnes nous fait trébucher, basculer dans un tout autre registre, celui de l'émotion pure, de souvenirs d'amour et de mort.
Dans la deuxième partie, cinq autres histoires, pour certaines inspirées de faits réels, vont constituer une tapisserie au petit point, chacune conduisant presque inéluctablement à une autre. Avec ce même souci de nous tenir éveillés en face du monde. En alerte...
Auteur de romans, de nouvelles et d'essais, Julian Barnes est un des plus célèbres écrivains anglais d'aujourd'hui.
En 2011, il a reçu pour l'ensemble de son oeuvre le prestigieux prix David Cohen. Il vit à Londres.
En un mot, ces nouvelles comme autant de "pulsations" ("pulse" en anglais, c'est-à-dire le "pouls", également) : le titre est bien trouvé. Légèreté, nécessité...
La couleur tendre du paradoxe et de la résignation tourne parfois à la comédie ou à l'absurde mais, ici, elle est la trace de grandes amours déteintes et s'évanouissant. Dans ces contrastes naît la cohérence du recueil - sa respiration. Le regard (celui que l'on prête au lecteur, aux différents narrateurs et à l'auteur) est aussi triste qu'amusé. Marqué par l'élégance d'un oeil trop poli, mélange de mélancolie, de plaisir (de se souvenir) et de déploration (discrète) du temps qui passe. Le récit sonne comme une consolation - comme une mélodie sereine, miraculeusement revenue du passé, à l'image de la "musique des sphères célestes", dans "Harmonie". Et ce récit ne fonctionne qu'avec les bavardages des invités "Chez Phil et Joanna", dans l'équilibre du plus grave et du plus trivial, des détails de l'époque et d'émotions sans âge. Un étonnant grand écart. De la belle ouvrage.
On avait quitté Julian Barnes (Le perroquet de Flaubert) sur Rien à craindre, un ouvrage inclassable où il égrenait des souvenirs et méditait sur Dieu, la mort et toutes ces sortes de choses. Il revient aujourd'hui avec Pulsations, un recueil de quatorze nouvelles qui toutes, et sur tous les tons, parlent de l'amour, du lien entre les êtres, de ce qui le crée, le nourrit, le détruit...
La leçon est évidente. Comme est évident le talent de Julian Barnes, ce "grand" de la littérature anglaise.
Dans Pulsations, on retrouve dans ce recueil de nouvelles le regard faussement ingénu de Julian Barnes sur le monde. On le sait depuis Le Perroquet de Flaubert (1984), l'art d'écrire de Julian Barnes est fait d'un mélange de sensibilité à fleur de peau, de regard faussement ingénu sur le monde et d'humour très... anglais.
C'est un livre très triste et très drôle à la fois. D'une mélancolie souvent poignante et d'une ironie toujours pugnace. Bref, du Barnes pur malt. Décidément, l'auteur du «Perroquet de Flaubert» vieillit bien, dans son fût de bois anglais. Comme l'alcool en s'évaporant, il a désormais, à 65 ans, sa part d'ange : Pat Kavanagh, morte en octobre 2008, à qui ce recueil de nouvelles est dédié. Discrète offrande d'un écrivain inconsolable et gai à celle qui fut non seulement sa femme, mais aussi son agent littéraire...
Mais Julian Barnes ne cède pas pour autant à la confession. Il se méfie de ses propres émotions. «Never complain, never explain.» Cet écrivain prolifique n'a d'ailleurs jamais écrit de Mémoires ni tenu de journal intime. Il est trop anglais pour se mettre à nu, trop flaubertien pour être complaisant. Toujours, chez lui, l'humour a raison de l'affliction.
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