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.. Le cas Sneijder

Couverture du livre Le cas Sneijder

Auteur : Jean-Paul Dubois

Date de saisie : 22/11/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Collection : Littérature française

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782879298641

GENCOD : 9782879298641

Sorti le : 06/10/2011

  • Les présentations des éditeurs : 24/11/2011

«Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m'est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie.»

Victime d'un terrible - et rarissime - accident d'ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu'il en est aussi l'unique rescapé. C'est le début d'une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu'au jour où, à la recherche d'un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.

Ce roman plein de mélancolie est aussi une comédie étincelante. L'auteur d'Une vie française y affirme à nouveau avec éclat son goût pour l'humour noir.

Jean-Paul Dubois est né en 1950 à Toulouse où il vit actuellement. Il a publié de nombreux romans, dont Une vie française (Éditions de l'Olivier, 2004) qui lui a valu le prix Femina et le prix du roman Fnac.



  • La revue de presse Gilles Pudlowski - Le Point du 17 novembre 2011

Jean-Paul Dubois, ce misanthrope, as de l'humour noir, fan de John Fante, est, depuis Parfois, je ris tout seul ou Kennedy et moi, le plus habile de nos semeurs de catastrophes schizophréniques. Entrer dans son roman, c'est ouvrir une porte sur l'inconnu. Ou sur soi-même. Et ça va mal chez lui, comme chez ses contemporains...
Dubois instille le mystère, l'angoisse, évoque l'absence à la façon d'un poison délicieux. Il écrit à l'économie. Ne s'embarrasse pas de fioritures. Il transperce, bouleverse.


  • La revue de presse Claire Devarrieux - Libération du 10 novembre 2011

Le Cas Sneijder n'est cependant pas une enquête sur la marche des ascenseurs, ni une philosophie du monte-charge. Paul développe des théories sur la verticalité du monde, sur le rôle de l'ascenseur dans l'organisation sociale et l'asservissement de l'individu. Mais la plupart du temps, il promène des chiens (à la grande honte d'Anna et les siens), a la révélation que la vie lui fait défaut, et rencontre heureusement des gens dont l'humanité lui sied. Paul Sneijder, et sans doute Jean-Paul Dubois également, aime savoir comment les choses marchent. Il aime les réponses et les individus qui les fournissent. L'avocat des compagnies d'assurance tentées de spolier la victime, le patron de la société DogDogWalk qui l'emploie, Chypriote amateur de palindromes, l'ancien vendeur de voitures devenu psychanalyste, qui envoie Paul et sa chienne gagner un concours de beauté canine : ces seconds rôles, à quoi il faut ajouter les exquis grands-parents Sneijder, rendent encore plus vif le regret que Paul ait dû renoncer à son projet : «Recommencer une vie qui ressemblerait enfin à quelque chose, avec juste ce qu'il faudrait de courage, de bonheur et de dignité.»


  • La revue de presse Delphine Peras - L'Express, octobre 2011

Ce vingtième roman réjouira les inconditionnels, qui y retrouveront les marottes de l'écrivain et son art de mettre en scène un héros désabusé, incarnation exemplaire de "notre incroyable capacité à composer avec l'inacceptable". L'auteur d'Une vie française, prix Femina 2004, excelle plus que jamais à passer du grave au léger, du triste au drôle, de l'anecdotique au philosophique.


  • La revue de presse Christine Ferniot - Lire, octobre 2011

Comment surmonter le désastre d'une existence ? Dans Le Cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, le héros vient de perdre sa fille. Entre désenchantement et fantaisie, une très belle leçon de vie...
Il paraît que Jean-Paul Dubois écrit ses livres d'une traite, en quelques semaines, comme on va au bureau, du petit matin jusqu'au soir. Quand il a fini, il recommence à vivre normalement et observe le monde qui l'entoure en cultivant son jardin ou en tondant son gazon avec méthode. Mais pour ses lecteurs, l'addiction est à son comble : plaisir d'ouvrir son nouveau roman comme on pousse la porte de la maison familiale après un an d'absence. La lumière est allumée, on reconnaît les bruits et les odeurs du plat qui mijote depuis des heures.


  • La revue de presse Michel Abescat - Télérama du 5 octobre 2011

Et c'est ainsi, entre sourire et gravité, que va ce beau roman de Jean-Paul Dubois. Fluide, piquant, cocasse. Triste et amusant à la fois. Le Cas Sneijder raconte la double chute de son narrateur, dominé par sa seconde femme, Anna, qu'il a suivie à Montréal...
Observateur aigu de nos vies étriquées et de nos accommodements ­misérables, Jean-Paul Dubois réussit un de ses meilleurs livres, aussi désespéré que drôle. Une oeuvre de moraliste un peu désabusé, poète discret de l'intranquillité. Et de la solitude foncière de l'homme. La vie, écrit-il une nouvelle fois, est «un sport individuel».


  • Les courts extraits de livres : 24/11/2011

Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m'est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie. Nous étions cinq dans la cabine. Je suis le seul survivant.
L'accident s'est produit à 13 h 12 précises. Le mécanisme de ma montre s'est bloqué sous l'effet du choc. Depuis ma sortie de l'hôpital je la porte à mon poignet droit. Elle m'accompagne partout, silencieuse, l'oscillateur mécanique à l'arrêt, le balancier et la trotteuse figés, me rappelant, parfois, lorsque la manche de ma chemise découvre le cadran, l'heure qu'il est vraiment et qu'il sera sans doute à chaque minute, jusqu'à la fin de ma vie.
Avant de parler de ce 4 janvier, il me faut revenir sur un événement qui s'est produit le 3 au soir et qui, depuis, ne cesse de m'accompagner comme une ombre qui ne serait pas la mienne.
J'étais dans la cuisine, je préparais des pâtes au pesto en regardant la neige recouvrir le jardin et former une accumulation cotonneuse sur le rebord de la fenêtre. La télévision donnait des nouvelles qui se diluaient dans l'air chargé des effluves de basilic. Mon attention fut attirée par les images d'un curieux reportage. On y voyait des hommes vêtus de combinaisons blanches, portant des gants de protection, et le visage recouvert d'un masque à gaz, ramasser d'innombrables oiseaux morts dans les rues et sur les toits des maisons d'un petit village. Ces fossoyeurs aviaires saisissaient délicatement les cadavres avec une pince ou du bout des doigts, comme s'ils manipulaient une matière dangereuse, et les glissaient dans des sacs en plastique noirs. La scène se déroulait à Beebe en Arkansas, bourgade peuplée de cinq mille six cents habitants. En tout, on retrouva un peu plus de cinq mille oiseaux écrasés sur le sol. Presque un par habitant. L'hécatombe s'était produite durant la nuit. Les gens avaient entendu des bruits et surtout de violents impacts sur leurs toits. Comme si quelqu'un, dehors, jetait des pierres sur les bardeaux. Certains étaient sortis sur le seuil de leur porte et avaient vu alors tous ces oiseaux tombés du ciel : des carouges à épaulettes.


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