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.. Ker-Xavier Roussel, 1867-1944 : le nabi bucolique

Couverture du livre Ker-Xavier Roussel, 1867-1944 : le nabi bucolique

Auteur : Collectif

Date de saisie : 05/09/2011

Genre : Art - Peinture

Editeur : Musée de Pont-Aven, Pont-Aven | Somogy, Paris, France

Prix : 29.00 € / 190.23 F

ISBN : 9782757204665

GENCOD : 9782757204665

Sorti le : 04/07/2011

  • Les présentations des éditeurs : 05/09/2011

«Il faudrait peindre comme on regarde ; il faudrait que le pinceau puisse poser, comme le regard la cueille, la fleur de la vision, avant que des éléments vains et lourds ne s'immiscent en elle.»

Ker-Xavier Roussel

De leur vivant, Bonnard-Vuillard-Roussel ne faisaient qu'une seule affiche. Trois noms, qui, associés à ceux de leurs amis Denis et Maillol, ont le plus incarné le mouvement nabi. Imprégnée de nature, de poésie et prenant racine dans la mythologie, la peinture Ker-Xavier Roussel est faite de virtuosité et de puissance évocatrice. Commandes officielles, rideau du théâtre de la Comédie des Champs-Élysées, (1912), décoration du théâtre de Chaillot avec Vuillard et Bonnard, panneau décoratif monumental au Palais des Nations à Genève (1938), Salon des Indépendants en 1901, Salon d'automne en 1904, galeries prestigieuses et commandes privées, le parcours artistique de Roussel fut des plus exemplaires. À la disparition de Vuillard en 1940, il s'évertua à asseoir la notoriété de son meilleur ami et quasi frère. Il voulait que «l'état accepte tout ou rien». Hasard curieux de l'histoire, l'énergie déployée par Roussel et ses descendants permit d'assurer une postérité plus étendue à Vuillard. «La vie a des malices» disait souvent ce dernier, voici le moment de ramener au devant de la scène un artiste qui s'était dédié à la consécration de son meilleur ami.


  • Les courts extraits de livres : 05/09/2011

Ker-Xavier Roussel,
le peintre-décorateur revisité

Une réputation qui a franchi l'Atlantique

Il y a plus de dix ans, lorsque furent choisies les oeuvres décoratives devant former le point central d'une exposition intitulée «Au-delà du chevalet» et dont la tenue était prévue pour 2001, plusieurs personnes me demandèrent pourquoi j'y intégrais des oeuvres de Ker-Xavier Roussel. Pour le public américain fréquentant les musées, Roussel demeurait quantité négligeable et inconnue au panthéon des peintres. En dépit d'une attention accrue et des expositions portant sur le groupe d'artistes post-impressionnistes que sont les Nabis, les oeuvres de Roussel ne sont que rarement présentées dans les collections américaines. Avec néanmoins des exceptions : les décorations murales que Roussel peignit en 1924 pour l'appartement parisien de Marcel Monteux, acquises par Walter S. Chrysler puis léguées à l'Art Institute de Dayton (L'Enfance de Jupiter), au musée Walter S. Chrysler de Norfolk, en Virginie (la Fontaine de Jouvence, toile de plus de six mètres de long, Fig. 1) et à l'Art Institute de Détroit, qui détenait, jusqu'en 2006, une oeuvre intitulée Le Jardin des Hespérides (aujourd'hui au musée départemental Maurice Denis, à Saint-Germain-en-Laye). Bien que ces oeuvres constituent des exemples notables du style décoratif de Roussel, du fait de leurs grandes dimensions et de la technique utilisée, dite «à la colle» (pigments secs mélangés à de la colle fondue de peau de lapin), elles ne font pas l'objet de prêts entre musées et sont, de ce fait, peu connues en dehors des instituts les abritant.

L'exposition «Au-delà du chevalet», également à l'affiche au Metropolitan Muséum of Art de New York, fut la première occasion pour les Américains d'admirer un nombre important d'oeuvres peintes par Roussel et en particulier les toiles décoratives de grandes dimensions, non seulement difficiles à transporter mais aussi très souvent cachées au sein de collections privées européennes. Pour le public visitant cette exposition et n'ayant aucune connaissance culturelle de l'art français ni aucun préjugé quant à l'histoire de l'art, les oeuvres de Roussel retinrent nettement plus l'attention et les faveurs du public que nombre des panneaux monumentaux peints par Maurice Denis (tels les six panneaux de l'Histoire de Nausicaa réalisés pour la famille Kapferer), évoquant des thèmes ouvertement plus chrétiens ou mythologiques et traités de manière plus sèche et linéaire, et que les scènes instamment parisiennes de Vuillard, axées sur des représentations de parcs, de cafés et de rues. La réaction du public aux oeuvres de Roussel, en termes d'appréciation, était moins liée au thème abordé ou au rôle décoratif de ces peintures qu'à l'attrait intuitif qu'elles suscitaient en tant que surfaces stylistiques hautes en couleurs, avec leurs effets de matière, et représentant des thèmes non identifiables, donc intemporels. Si nous avions insisté sur le fait d'aborder l'art de Roussel sous l'angle des poètes desquels il tirait son inspiration - Ovide, Virgile, Mallarmé et Valéry, pour n'en citer que quelques-uns - cet art aurait été accueilli et perçu différemment par le public. Et si l'exposition «Au-delà du chevalet» permit de faire figurer plusieurs de ses oeuvres de la première heure, datant de l'époque des Nabis (dont l'une fut vendue, durant son acheminement, à un collectionneur américain), ainsi qu'un certain nombre d'ensembles décoratifs (telles les toiles Bacchus et Cérès, formant le pendant l'une de l'autre, acquises en 1913 par Ivan Morosov et se trouvant aujourd'hui au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg), elle n'avait pas pour but d'expliquer ou d'apporter une meilleure connaissance de l'oeuvre de Roussel ni de la classer, du point de vue de l'histoire de l'art. Ce qui suit en donne l'explication.


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