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Auteur : Louise Welsh
Traducteur : Céline Schwaller
Date de saisie : 13/01/2012
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Bibliothèque écossaise
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 9782864248446
GENCOD : 9782864248446
Sorti le : 13/10/2011
Certains secrets devraient rester enterrés à tout jamais, se dit Murray Watson, enfoncé jusqu'aux genoux dans la boue de cimetière de Lismore, au nord de l'Écosse, en compagnie d'une femme qui avait toujours refusé de lui parler. Mais pourquoi s'est-il obstiné à chercher la vérité sur ce poète mort noyé à vingt-cinq ans et à peu près inconnu ? Peut-être parce que la vie d'un enseignant à l'Université de Glasgow manque de piment ? Pourtant il avait des relations clandestines et un peu perverses avec la jeune femme de son directeur de thèse, justement un ami d'Archie Lunan, son poète. Pourquoi est-il allé se perdre sur ces hautes terres sauvages ? Pourquoi a-t-il fallu qu'il s'acharne à vouloir dévoiler la vie de ce groupe d'étudiants des années 70, tous devenus universitaires respectables et ennuyeux ? Était-ce tellement étonnant qu'ils aient été hippies et aient, c'était l'époque, goûté à toutes les substances ?
La vraie recherche n'est-elle pas avant tout celle de la littérature ?
On retrouve ici tout ce qui fait la marque de fabrique de Louise Welsh : de l'esprit, de l'intelligence, et un charme tout à fait gothique. Les vies de Murray et d'Archie s'entremêlent dans un thriller palpitant et maîtrisé.
«Ce n'est pas la magie qui nous entraîne dans un autre monde, mais l'art de raconter des histoires. Et Louise Welsh est une virtuose de cet art mystérieux.
Val McDermid
«Fascinant, solide, impossible de le lâcher !»
The Sunday Times
Louise Welsh vit à Glasgow, où elle est libraire. Elle est l'auteur de plusieurs best-sellers et a reçu le prix du Crime Writers' Association Creasy Dagger et le Saltire First Book Award.
Murray Watson fendit le scotch du carton qui se trouvait devant lui et se mit à fouiller dans les vestiges d'une vie. Il prit une poignée de papiers et les étala soigneusement sur le bureau. Des pages de papier ministre, du papier à lettres bleu, des feuilles arrachées à des cahiers d'écolier, du papier à en-tête à l'adresse d'un hôtel londonien. Certaines pages étaient couvertes d'une écriture serrée, comme les lettres d'un détenu à sa famille. D'autres étaient vierges en dehors de quelques mots ou morceaux de phrases.
James Laing sortit de chez lui par une journée ordinaire.
Rien n'aurait pu préparer James à la...
James Laing était un homme ordinaire qui habitait une...
La créature dévisageait James de son effroyable oeil unique de poisson. Sa paupière cligna.
Murray rit, un aboiement soudain dans la pièce vide. Merde, il avait intérêt à trouver quelque chose de plus intéressant ou il était dans le pétrin. Il plongea la main dans le tas et en tira une feuille au hasard. C'était une image, un dessin naïf tracé au feutre vert représentant une femme avec une robe triangulaire en guise de corps. Ses bras étaient de longs traits sinueux. Ils montaient dans un ciel parsemé d'étoiles aux angles aigus ; le coin gauche était présidé par un croissant de lune fumant la pipe, le droit par un soleil affichant un large sourire. Pas de signature. Ça ne valait pas un clou, le genre de gribouillis qui méritait d'être froissé et jeté à la poubelle. Mais s'il avait été délibérément conservé, c'est qu'il s'agissait d'un instant, d'un indice éclairant une vie.
Il plongea à nouveau la main dans le carton et en tira une autre liasse de papiers, à la recherche de carnets, de quelque chose de substantiel, refusant de garder le meilleur pour la fin, même s'il avait le temps de se montrer patient.
Des pages de chiffres et de soustractions, de l'argent dû, des échéances de loyers, des sommes promises. Quelques cartes de tarot : le Fou, en équilibre désinvolte au bord d'un précipice, la Mort, triomphante sur son cheval, son crâne souriant derrière sa visière, la Lune, une beauté pâle vêtue de blanc qui tenait un chien à deux têtes au bout d'une laisse argentée. Une serviette prise dans un café, où était imprimé Aida 's en rose sut fond blanc, une tache discrète sur le bord - un café mousseux servi dans une tasse en verre. Une coupure de presse où l'on voyait un homme souriant mais sérieux passer un peigne dans ses cheveux coiffes avec une raie sur le côté, le même homme, chauve comme une boule de billard et pitoyable à gauche de son double ébouriffé. La chute de vos cheveux vous préoccupe ? La solution à la calvitie avait été coupée en deux avec insouciance et de l'autre côté on voyait l'annonce d'un événement à Grassmarket. Pas de photo, seulement les noms, la date et l'heure. Archie Lunan, Bobby Robb et Christie Graves, 19h30, dimanche 25 septembre au Last Drop.
Murray tomba ensuite sur une pépite, un vieux carnet d'adresses en velours côtelé rouge retenu par un élastique flétri et couvert de lignes d'écriture. Il aurait préféré un journal intime, mais Archie n'était pas du genre à en tenir un. Murray ouvrit le carnet et le feuilleta. Initiales, surnoms, prénoms ou noms de famille, personne n'avait droit aux deux. Murray s'assit sur la chaise, en quête d'une date susceptible de l'aider.
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