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.. Drood

Couverture du livre Drood

Auteur : Dan Simmons

Traducteur : Odile Demange

Date de saisie : 25/04/2012

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Robert Laffont, Paris, France

Prix : 23.50 € / 154.15 F

ISBN : 978-2-221-11400-1

GENCOD : 9782221114001

Sorti le : 25/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 07/02/2012

Les dernières années de la vie de Charles Dickens revisitées par son ami, l'écrivain opiomane Wilkie Collins, ou le récit étourdissant d'une vertigineuse descente aux enfers.

9 juin 1865. Charles Dickens, alors au faîte de sa gloire, regagne secrètement Londres en train, accompagné de sa maîtresse. Soudain, à Staplehurst, sur un pont, l'express déraille. Seul le wagon où a pris place «l'écrivain le plus célèbre du monde» échappe par miracle à la catastrophe. Au fond du gouffre, alors que Dickens tente de porter secours aux survivants, sa route croise celle d'un personnage à l'allure spectrale qui va désormais l'obséder : Drood.

De retour à Londres, Dickens confie le secret de son étrange rencontre à Wilkie Collins, écrivain lui aussi. Quels liens unissent désormais l'inquiétant Drood et l'Inimitable, comme le surnomme avec admiration et ironie Collins ? C'est ce que ce dernier cherche à découvrir en se lançant à la poursuite de Dickens. Mais peut-on raisonnablement accorder crédit au récit de Collins, opiomane en proie à la paranoïa et aux hallucinations ?

Inspiré par Le Mystère d'Edwin Drood, oeuvre mythique que Dickens laissa inachevée à sa mort - cinq ans jour pour jour après son accident de chemin de fer -, Drood nous entraîne, de cryptes en catacombes, dans le Londres interlope de Jack l'Éventreur et des sciences occultes. Roman biographique, historique, victorien, roman populaire, policier, psychologique, gothique, fantastique... Dan Simmons se joue des genres et des codes pour nous offrir ce livre envoûtant, qui est également une formidable réflexion sur le processus de création littéraire.

Dan Simmons est notamment l'auteur des Cantos d'Hypérion, d'ilium et Olympos, parus chez Robert Laffont dans la collection «Ailleurs & Demain», ainsi que de L'Échiquier du mal (Denoël). Plus récemment, il a publié Teneur {Robert Laffont).



  • La revue de presse Thomas Mahler - Le Point du 20 octobre 2011

Restitution gothique de l'Angleterre victorienne, thriller labyrinthique, Drood frappe par son évocation intime de l'herculéen Charles Dickens. Le romancier y apparaît en promeneur infatigable, en féru d'hypnose, en amoureux clandestin d'une jeune actrice ou en rock star avant l'heure avec ses électriques lectures publiques. L'Inimitable, qui a offert à la littérature tant de personnages pittoresques, est le plus mémorable de tous.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, octobre 2011

Ce sont les cinq dernières années de sa vie que revisite Dan Simmons, dont le récit s'ouvre le 9 juin 1865, dans un train lancé à toute vapeur à travers le Kent...
La suite, c'est une vertigineuse plongée dans les bas-fonds pestilentiels de Londres, une sorte de messe noire où Jack l'éventreur côtoie Mesmer pendant que des esprits démoniaques s'échappent des catacombes. Jusqu'à la mort de Dickens, dont Wilkie Collins, bourré d'opium, portera le cercueil dans la nef de l'abbaye de Westminster. Ce Dickens qui avait laissé à son chevet un manuscrit inachevé, Le mystère d'Edwin Drood, dont le roman de Dan Simmons est peut-être l'ultime chapitre...


  • La revue de presse François Rivière - Le Figaro du 6 octobre 2011

Maître des bas-fonds londoniens, Drood va entraîner Wilkie Collins, narrateur de cette folle aventure, et Dickens dans un tourbillon mêlant avec une habileté typique du talent de Simmons action trépidante, scènes fantastiques et confondante érudition. Celle-ci ouvre sur une dimension nouvelle de l'imaginaire fébrile de l'auteur des Cantos d'Hypérion sans négliger pour autant les zones d'ombre des biographies des deux protagonistes, associés ici pour le meilleur et le pire d'une intrigue diaboliquement ourdie...
Mais pour qui n'a jamais lu la puissante biographie de l'auteur d'Oliver Twist par Peter Ackroyd, Drood constitue l'approche parfaite d'une destinée peu commune. Habilement, l'auteur a choisi de donner le rôle le plus surprenant à Wilkie Collins, comme pour venger la mémoire de celui que Dickens, qui ne l'aimait pas beaucoup, s'ingéniait à tenir à l'écart des faveurs du public.


  • La revue de presse Hubert Prolongeau - Le Monde du 22 septembre 2011

Drood se lit d'une traite. L'art du récit propre à Simmons y fait merveille. Confiant la narration à un Wilkie Collins sous influence de doses excessives de laudanum, il nous entraîne dans des descriptions hallucinées des bas-fonds de Londres et dresse un portrait impitoyable de l'Angleterre victorienne, celle de Mr Hyde et de Jack l'Eventreur. Le brio de la reconstitution, le souffle du récit, l'intelligence avec laquelle est utilisée une colossale documentation ne surprendront que ceux qui n'avaient encore jamais lu un roman de Dan Simmons...
Et Drood, sous ses dehors de best-seller extrêmement maîtrisé, apparaît aussi, en définitive, comme un acte d'admiration, à la fois humble et enthousiaste, à l'attention de Dickens et de tous ceux qui ont embrassé ce curieux métier qui consiste à rassembler des mots et à en faire des histoires.


  • La revue de presse Arnaud Bordas - Le Figaro du 1er septembre 2011

L'histoire est racontée par un autre écrivain ayant vraiment existé : Wilkie Collins, ami, collaborateur et rival de Dickens. Opiomane invétéré, sujet à la paranoïa et à des hallucinations schizophréniques, Collins raconte, dans un manuscrit posthume destiné à être dévoilé un siècle et demi plus tard (soit de nos jours), les cinq dernières années de la vie du grand écrivain, de l'accident de train qui a failli lui coûter la vie, au cours duquel il a rencontré un personnage énigmatique baptisé Drood, jusqu'à sa disparition. A travers les ruelles malfamées de Londres et le dédale de la ville souterraine qui se cache sous la capitale, Collins suit Dickens dans sa quête mystérieuse et obstinée pour retrouver le fantomatique Drood, quitte à mettre en danger sa santé mentale...
Se documentant énormément, lisant et relisant les oeuvres des deux auteurs anglais, Simmons avoue s'être immergé dans son sujet jusqu'à ressentir le lien douloureux qui unissait les deux écrivains. Drood serait-il le roman le plus personnel de son auteur ? Lorsqu'on lui pose la question, Dan Simmons reste silencieux un long moment puis finit par acquiescer. Avec une lueur de fierté dans le regard.


  • La revue de presse Frédérique Roussel - Libération du 1er septembre 2011

La prouesse de ce copieux roman tient dans cette longue adresse de Wilkie Collins au lecteur, à la fois drôle et de mauvaise foi, façonnée dans la langue du moment. Propos sur la création, sur le besoin aigu de reconnaissance, mais aussi sur leurs propres démons et la mort qui plane au-dessus des tasses chic du club...
Epopée littéraire, policière et fantastique, Drood propose une option au mystère Dickens-Drood, jouant habilement avec l'histoire, tout en y infiltrant une ombre maléfique.


  • Les courts extraits de livres : 07/02/2012

Je m'appelle Wilkie Collins et puisque j'ai l'intention de repousser la publication de ce document d'au moins un siècle et quart après le jour de mon trépas, je suppose que mon nom ne te dit rien. Certains me présentent comme un joueur et ils ont raison. Je te parie donc, Cher Lecteur, que tu n'as lu aucun de mes livres, aucune de mes pièces de théâtre et que tu n'en as même pas entendu parler. Après tout, peut-être ne parlez-vous plus anglais, Britanniques et Américains de quelque cent vingt-cinq ans dans le futur. Peut-être vous habillez-vous comme des Hottentots, vivez-vous dans des grottes éclairées au gaz, voyagez-vous en ballon et communiquez-vous par transmission de pensée, sans vous embarrasser du moindre langage parlé ou écrit.
Néanmoins, je suis prêt à parier ma fortune, pour ce qu'elle vaut, et tous les droits d'auteur à venir de mes pièces et de mes romans, pour ce qu'ils vaudront, que vous vous souvenez du nom, des livres, des pièces et des personnages imaginaires de mon ami et ancien collaborateur, un certain Charles Dickens.
Cette histoire vraie aura donc pour sujet mon ami (ou du moins l'homme qui le fut un jour), Charles Dickens, et l'accident de Staplehurst qui le priva de son équanimité, de sa santé et, murmureront peut-être certains, de son équilibre mental. Cette histoire vraie aura pour sujet les cinq dernières années de la vie de Charles Dickens et l'obsession grandissante que lui inspirèrent durant cette période un homme - si on peut l'appeler ainsi - du nom de Drood, ainsi que l'assassinat, la mort, les cadavres, les cryptes, le mesmérisme, l'opium, les fantômes, sans oublier les rues et ruelles de ces entrailles atrabilaires de la suite de nos représentations de Profondeurs glacées. Or cet imbécile de bijoutier n'avait pas livré le bijou chez Miss Ternan mais à l'adresse londonienne des Dickens, Tavistock House. À la suite de quoi, Catherine avait émis d'un coup l'équivalent de plusieurs semaines de meuglements bovins, se refusant à croire qu'il ne s'agissait que d'un présent symbolique de son mari, innocent témoignage d'estime pour l'actrice qui avait si merveilleusement (j'aurais tendance à dire à peine passablement) interprété le rôle de Clara Burnham, la bien-aimée du héros, dans notre... non, dans ma... pièce sur un amour malheureux au fin fond de l'Arctique.
Il est exact, comme Dickens s'était acharné à l'expliquer à son épouse profondément meurtrie en 1858, que l'auteur avait l'habitude prodigue de combler de présents les acteurs et autres participants de ses multiples spectacles de théâtre amateur. Après Profondeurs glacées, il avait déjà distribué des bracelets et des pendants d'oreilles, une montre et une parure de trois boutons de plastron en émail bleu à d'autres membres de la troupe.
Mais, évidemment, il n'était pas amoureux des autres bénéficiaires de ses largesses. Alors qu'il l'était de la jeune Ellen Ternan. Je le savais. Catherine Dickens le savait. Nul ne peut affirmer avec certitude que Charles Dickens le savait. C'était un écrivain doué d'une imagination incroyablement persuasive, doublé d'un des types les plus imbus de lui-même qui aient jamais foulé la surface du globe. Aussi serais-je fort surpris qu'il lui soit jamais arrivé de s'interroger sur ses motivations profondes et de se les avouer, sinon quand elles étaient pures comme de l'eau de roche.


  • Le courrier des auteurs : 07/02/2012

1) Qui êtes-vous ? !
Un pont, enfin une passerelle plutôt.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
L'admiration et la rivalité meurtrières d'un grand écrivain, Wilkie Collins, pour un autre grand écrivain, Charles Dickens.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Cette nuit, mon cher Charles, nous allons découvrir vous et moi - vous, surtout - la réponse à une grande énigme."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un "mix" entre "La lugubre gondole" de Liszt et "Time Stretch" de Bruno Montovani.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Un petit verre de laudanum, bien sûr !


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