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_ Repas de morts

Couverture du livre Repas de morts

Auteur : Dmitrij Bortnikov

Date de saisie : 10/10/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Allia, Paris, France

Prix : 9.00 € / 59.04 F

ISBN : 978-2-84485-373-8

GENCOD : 9782844853738

Sorti le : 18/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 19/08/2011

Voici un objet littéraire difficilement identifiable, une suite de surprises et d'originalités théma­tiques, syntaxiques et langagières qui n'ont de cesse de déconcerter. Un homme redonne vie à ses morts. Père, mère, grands-parents, enfants, renaissent sous la plume acérée de l'auteur. Et ce, dans un monde de sang, de cadavres, d'ombre et de lumière. Autant de saynètes qui évoquent les danses macabres médiévales et les complaintes d'Hamlet. Des steppes de Russie aux bas-fonds parisiens, l'auteur nous invite à un "bal des revenants", esprits réincarnés au gré de souvenirs épars, entremêlés... La traversée brutale de ce climat onirique rappelle, bien que dans un style tout différent, l'introduction de Michel Leiris à L'Âge d'homme, concevant la littérature comme une tauromachie. Le narrateur s'imagine lui-même soldat dans l'armée russe, avant d'être maquereau et dissimulateur de diamants. Alors qu'il est professeur de lettres, il va même jusqu'à braquer une banque avec ses élèves. À ses côtés, le lecteur... désorienté, privé de ses repères. Le style syncopé du texte rend paradoxalement vivant cet halètement vers le "lâcher prise", travail de sape de toute généalogie et avancée vers la mort. Avancée qui est un retour à la vie et en particulier à l'enfance.



  • La revue de presse Enrica Sartori - le Magazine Littéraire, octobre 2011

Après Le Syndrome de Fritz (éd. Noir sur blanc) et Svinobourg (éd. du Seuil), Dimitri Bortnikov revisite sa steppe natale, son univers familial et son passage à l'armée. Mais les êtres de chair et de désirs ont laissé la place aux esprits perdus. Si les histoires sont les mêmes, le style et l'éclairage sont différents et s'approchent de Furioso (éd. MF), premier roman écrit en français par ce Russe né en 1968 et installé en France depuis 1999. Fini le beau Tatare de la Volga taillé comme un ours, aux yeux verts et à la bouche de fille ; fini le déserteur enlacé comme un enfant habitué à souffrir. Les troufions du pôle Nord sont des Ajax, des Achille, des Ulysse, et le colonel un Agamemnon. Ils n'ont ni nom ni visage, leurs mains sont noires et leurs oreilles pourries par le froid. Avec Repas de morts, Bortnikov a quitté le versant Genet pour rejoindre le versant Bataille de la littérature. Et s'il s'approche de la poésie, c'est «pour lui manquer».


  • La revue de presse Julien Bisson - Lire, septembre 2011

Dans la tradition des Céline, Calaferte ou Jauffret, Dimitri Bortnikov signe un objet littéraire proprement déconcertant, porté par une langue âpre, syncopée, une langue qui dévore tout sur son passage. Et si la radicalité du style et du propos pourra en rebuter certains, nul doute que les plus hardis sauront apprécier ce texte iconoclaste et amer, sur lequel planent l'ange de la Mort et le démon de la guerre.


  • La revue de presse Jean Birnbaum - Le Monde du 1er septembre 2011

Du rap, ce texte sublime a la puissance rythmique, l'énergie incantatoire, l'humour im-pudent. Comme le rap aussi, il est affaire de famille : page après page, Bortnikov orchestre son "bal des revenants", ressuscitant père et mère, voyous et pigeons, soldats et chiens. Avec le rap, il partage enfin un style d'enquête, une façon de mobiliser l'oralité pour explorer la nuit des hommes...
A mi-chemin entre Léon Bloy et Booba, entre imprécation et prophétie, son Repas de morts est, avec celui d'Emmanuel Carrère, l'autre grand "roman russe" de la rentrée.


  • La revue de presse Marine Landrot - Télérama du 17 août 2011

Depuis quand n'avait-on trouvé pareille langue à se mettre sous la dent ? Suffisamment longtemps pour en avoir oublié le goût. Ce Repas de morts arrache, sa densité explosive crée une dépendance immédiate. Voici un livre de chevet à compulser à toute heure, un guide de survie poétique et viscéral dont chaque phrase, chaque mot, chaque point même ajoute une étoile à la voûte céleste que chacun porte en soi...
Son premier roman écrit en français - il en a écrit au moins trois en russe, sa langue natale - est un linceul plein de poches secrètes, où il fait bon se blottir.


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