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.. Les étincelles du bonheur

Couverture du livre Les étincelles du bonheur

Auteur : Jérôme Arnaud Wagner

Date de saisie : 29/08/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Michalon, Paris, France

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782841865789

GENCOD : 9782841865789

Sorti le : 25/08/2011

  • Les présentations des éditeurs : 29/08/2011

«Certains soirs où la nuit était particulièrement belle, nous redescendions dans le jardin, afin de mieux voir la lune.
Alors que le vent soufflait légèrement et faisait se balancer les ombres des immenses cèdres du Liban comme des sentinelles imposantes mais rassurantes, et que toutes les odeurs parfumées de cette terre du Midi venaient chatouiller nos narines, ma grand-mère me prenait par la main, et nous nous enfoncions tous les deux dans l'obscurité de la nuit, seulement éclairés par la lune. Nous allions ramasser des feuilles de tilleul pour faire une tisane ; ma grand-mère disait qu'elle aidait à bien digérer, et à dormir, ce qui était vrai.
Et puis surtout, nous regardions notre amie la lune :
- Tu vois, mon chéri, la lune est menteuse !
- Pourquoi, Manette ?
- Eh bien, lorsqu'elle est en forme de croissant, c'est qu'elle décroît, et lorsqu'elle dessine au contraire un D, c'est qu'elle croît !
Depuis, je ne regarde plus tout à fait la lune de la même façon, et j'ai appris à me méfier de l'apparence des choses.»

Après le succès de N'oublie pas que je t'aime, publié en 2010, en hommage à sa femme disparue, Jérôme-Arnaud Wagner signe un livre sur son histoire d'amour avec sa grand-mère, «Manette», et le lien qui les unissait par-delà les générations. Un îlot de douceur, une atmosphère d'antan et une plume d'une grande sincérité. Jérôme-Arnaud Wagner nous offre un récit touchant, plein de fraîcheur, qui sent bon la Provence. Un vrai bonheur !

Jérôme-Arnaud Wagner, 49 ans, HEC, a fait toute sa carrière dans les médias et la communication. Originaire du Midi de la France, il vit à Paris où il élève ses jumeaux de 15 ans.


  • Les courts extraits de livres : 29/08/2011

Mon grand-père était un patriarche, issu d'une vieille famille protestante nîmoise. La droiture, le courage, le sens de la famille, transmis de génération en génération, étaient ancrés dans ses racines. «Ma famille a réalisé le châle de l'impératrice Eugénie qui est exposé au musée de Nîmes», me disait-il, l'oeil brillant de fierté. Son regard était d'un brun velouté, plein de vie, de sensibilité et de bonté. Son large front et son nez légèrement busqué lui donnaient un air d'empereur romain. Il était très beau.
Il avait dû se battre jeune. À seize ans, dans le jardin de leur belle maison du quartier de la tour Magne, il trouvait le corps de son père, qui s'était laissé mourir dans la neige par une sombre soirée d'hiver. Mon arrière-grand-père, que je n'ai jamais connu, avait une belle barbe, comme on la portait à l'époque. Sur les photos jaunies, on retrouve la même fierté, la même noblesse que son fils. Mon arrière-grand-père n'avait pas résisté à la chute des cours des emprunts russes, ni à la couardise de l'État français.
Dans ces grandes familles cévenoles, on croyait encore en l'État, et l'on ne pouvait admettre que l'État fasse des choses «qui ne se font pas». Ainsi donc, Paul F. - à un âge où beaucoup sortent à peine de l'insouciance de l'enfance et traînent leur ânerie sur les bancs des lycées - dut reprendre, à la mort de son père, la fabrique de châles et de tapis des aïeux.
Est-ce la lourde responsabilité de devoir, à seize ans, s'occuper de sa mère et de sa soeur et de faire fructifier le bien familial qui donna à Paul F., si jeune, ce sérieux, cette gravité dans le regard, et la certitude qu'il était déjà un chef ?
Son unique soeur, dont j'ai toujours entendu dire qu'elle n'avait pas bon caractère, mais que je n'ai pas connue (elle se fâcha à vie avec son frère, après le décès de leur mère, pour une histoire de succession...), avait dessiné au pastel un portrait de lui lorsqu'il avait à peu près cet âge-là. Ce dessin, qui trônait dans la salle à manger du «Mas» (la villa de mes rêves, que mon grand-père fit construire, beaucoup plus tard, à Ramatuelle, lorsqu'il eut réussi), m'avait toujours frappé. Un adolescent bien peigné, grandi trop vite, engoncé dans un costume bleu délavé et portant un foulard de style matelot, vous fixait, d'un regard grave et responsable qui vous pénétrait.


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