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Auteur : Michèle Astrud
Date de saisie : 25/07/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Diabase, La Riche, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 9782911438776
GENCOD : 9782911438776
Sorti le : 06/10/2011
"Je frissonne, glisse ma main au fond du sac et saisis le manche du couteau, serré dans ma paume, caché sous mon poignet. Mes doigts collés sur le décor de nacre se soulèvent machinalement, comme si je m'apprêtais à dérouler une fine cordelette que je laisserais glisser entre mon pouce et mon index. Le sisal tressé se dévide lentement et ma phrase, lancée à la volée, en attirera une autre, je sais que dans quelques secondes, son ton aura changé, il sera doux, chaleureux et se rapprochera de moi. "
Qui est Michèle, la jeune héroïne, qui a fui précocement le domicile familial ? De révolte en violence, son errance la confronte aux prédateurs à l'affût d'un gibier qui paraît facile. D'une sensibilité à fleur de peau, féline, sensuelle, elle se transforme elle-même en prédatrice dont les rêves ne se sont jamais éteints et la conduisent face à la mer, rouge-Écrit à la première personne, au rythme de l'enchaînement inexorable des situations, le portrait d'une jeune fille en cavale qui traverse la vie comme une étoile filante.
Michèle Astrud est née en 1964 à Dijon. Installée à Rennes, elle est professeur dans un lycée. Son précédent roman J'ai rêvé que j'étais un garçon a été publié aux éditions Diabase en 2009.
"Je frissonne, glisse ma main au fond du sac et saisis le manche du couteau, serré dans ma paume, caché sous mon poignet. Mes doigts collés sur le décor de nacre se soulèvent machinalement, comme si je m'apprêtais à dérouler une fine cordelette que je laisserais glisser entre mon pouce et mon index. Le sisal tressé se dévide lentement et ma phrase, lancée à la volée, en attirera une autre, je sais que dans quelques secondes, son ton aura changé, il sera doux, chaleureux et se rapprochera de moi. "
Qui est Michèle, la jeune héroïne, qui a fui précocement le domicile familial ? De révolte en violence, son errance la confronte aux prédateurs à l'affût d'un gibier qui paraît facile. D'une sensibilité à fleur de peau, féline, sensuelle, elle se transforme elle-même en prédatrice dont les rêves ne se sont jamais éteints et la conduisent face à la mer, rouge-Écrit à la première personne, au rythme de l'enchaînement i
Je sors de la cabine de douche, enfile un des épais peignoirs blancs de l'hôtel. Mes pieds nus laissent leurs empreintes humides sur le sol de marbre gris de la salle de bain. Devant la glace immense légèrement embuée, j'essuie mes jambes, mon ventre, ma poitrine, rougis par la chaleur, essore mes cheveux, pose la serviette humide sur le radiateur puis rejoins la chambre.
Je m'approche lentement du lit, défroisse d'un geste souple la cascade de draps blancs, efface les creux, les bosses, les replis, les contours des deux corps qui s'y sont perdus, noyés. La porte-fenêtre est grande ouverte. La brise marine gonfle le voilage. La lumière rosée de fin d'après-midi patine le bureau de laque noire, balaye l'écran poussiéreux de la télévision. Les bruits de la circulation, le grondement des trains au loin, à l'approche de la gare, les conversations des passantes longeant le bord de mer, le froissement du feuillage des arbustes sur les terrasses, bourdonnent dans la pièce comme des mouches prisonnières, invisibles, que je chasse d'un geste inutile en rejoignant le balcon.
J'enjambe une forme immobile allongée sur le sol, un homme aux cheveux courts, poivre et sel, grand, mince, habillé d'un pantalon de laine noire et d'une chemise blanche, les pieds nus, étendu sur le ventre, les bras à peine écartés du corps.
La moquette épaisse absorbe son visage comme s'il était allongé dans l'herbe drue d'un champ et profondément assoupi. Un peu de sang s'écoule d'une fine blessure sur son flanc droit. Au milieu de la tache rouge, les plis rigides du tissu dissimule le manche en nacre clair d'un couteau.
Je resserre machinalement la ceinture du peignoir, m'agenouille à côté du corps, effleure du bout des doigts la peau blafarde de l'avant-bras, déjà froide, avec un sursaut de répulsion.
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