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Auteur : François Dominique
Date de saisie : 12/12/2011
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Verdier, Lagrasse, France
Prix : 14.50 € / 95.11 F
ISBN : 9782864326540
GENCOD : 9782864326540
Sorti le : 25/08/2011
Un désastre, un jour, peu importe lequel. Solène, une jeune fille aux pouvoirs particuliers, nous parle d'un monde, le sien. Celui de l'attente, de la peur et du silence. Les mots étranges qui lui trottent dans la tête jaillissent comme un délire poétique et nous éclairent peu à peu sur les Blafards, les Ravagés et le chaos qui règne à l'extérieur de la maison. Dernier refuge avant le pire. Un très beau texte, porté par une voix sensible et créative avec à la fin cette certitude une fois encore, que la littérature est le chemin le plus sûr pour illuminer les ombres qui nous entourent.
Après un désastre, dans un entre-deux-mondes inquiétant, une famille réfugiée dans une villa de la banlieue lyonnaise vit coupée du monde extérieur. Alors que le système de défense qui les protège faiblit et que les ressources en vivres diminuent, ils tentent de maintenir un semblant de quotidien.
C'est la voix de Solène, petite fille étrange, imaginative et sensible qui mène la narration. L'enfant est douée du pouvoir de lire dans la pensée de ses proches avec qui elle est liée par une grande tendresse et dont elle perçoit les inquiétudes, les secrets, les rêves ou les révoltes. Le jeu a une grande part dans son récit qui peut être lu comme une fable sur la langue, ses sortilèges merveilleux et ses revirements imprévisibles.
François Dominique est l'auteur de plusieurs romans et récits, de recueils de poèmes et d'essais. Il est aussi traducteur.
Dans Solène, François Dominique s'attache au destin d'une petite fille pouvant lire dans les pensées, qui vit avec sa famille dans une banlieue lyonnaise dévastée par les zombies... Loin du simple opus horrifique, l'auteur choisit la délicatesse, la poésie, et y insère une parabole subtile sur l'écriture.
Avec Solène, François Dominique signe un puissant roman postapocalyptique, dont les expérimentations littéraires trouvent leur raison d'être dans l'intrigue elle-même...
Non que l'intrigue soit un prétexte : à la façon des auteurs populaires, François Dominique l'a travaillée comme si elle était sa propre fin. Mais, à la façon des poètes, il a caché à l'intérieur tous les ingrédients de l'explosion langagière qui la conclut. Ceux-ci se mêlent aux éléments classiques du roman postapocalyptique.
Tout à la fois récit de science-fiction, fable sur les pouvoirs de l'enfance, roman noir, poème sur la solitude, Solène est également un texte sur l'effacement des couleurs dans la vie quotidienne, telle une marche inévitable vers la mort...
Inventif et crépusculaire, Solène ouvre des pistes à l'infini, tantôt lumineuses comme un éclat de rire enfantin, tantôt sauvages comme cette maladie de l'ombre qui guette les derniers survivants juste avant la nuit.
Il fait chaud, les cigales grincent. Mes frères traînent les pieds sur le gravier. Mes parents font la sieste sous le magnolia. Nik veut jouer à la main transparente ou aux regards croisés. Je préfère aller dans ma chambre et lire les yeux fermés, branchée sur ma console. Nous avons de la chance, l'électricité fonctionne encore, mais il est impossible de communiquer au-delà de la zone protégée, car les ondes sont brouillées. Il n'y a sur nos mirêtres que des bouillies de points gris et beaucoup de grésillements.
Je n'arrive pas à fixer mon attention sur certains mots qui défilent dans ma tête, et pourtant j'aime ce livre, L'Année pérenne, c'est mon cadeau d'anniversaire. Je pense à Ludo ; la nuit dernière, mon petit frère s'est levé pour aller aux toilettes. Il y avait de l'orage, un éclair a lancé une lumière vive dans le couloir. Ludo est revenu en courant, s'est recouché, la tête sous les draps et s'est mis à chantonner. C'était beau, mais il n'en savait rien ; c'était une chanson d'enfant qui a peur.
Nik et Rob sont mes frères aînés ; ils partagent une chambre à l'étage, à gauche de la nôtre. Entre ces deux chambres il y a notre salle de bains. Un couloir sépare le côté des enfants et le côté des parents où se trouvent leur chambre et une salle d'eau, suivies d'un cagibi, du bureau de mon père et des toilettes, en face de la cage d'escalier. Chaque extrémité du couloir est éclairée par une fenêtre ovale. Celle du fond, vers ma chambre, a des carreaux teintés ; elle donne sur un hangar, une haie de thuyas, un mur d'enceinte.
En bas de l'escalier, il y a un vestibule dallé. Tournez le dos à la grande porte d'entrée en chêne, vous verrez une porte vitrée donnant sur le couloir du rez-de-chaussée; à gauche il y a une enfilade de placards jusqu'à la porte de la cave ; à droite, le salon et la cuisine. Sous les toits se trouvent un grenier qui sert de débarras et une chambre en soupente où il n'est pas permis d'aller...
Notre maison se nomme Les Lisières. Elle est située sur une colline qui domine les ruines de Caluire et de La Croix Rousse. Il vaut mieux ne pas rôder dans Caluire ; on n'y voit que des urnes alignées sur les trottoirs, devant les portes, et beaucoup trop de ronces et d'orties. Mon père dit que c'est la même chose à Genève, Trantor, Dunwich, Prague, Opar, Carcosa, Berlin, Alqualondë, Rome ou Xanadu... Je ne parle pas des villes noyées sous les eaux.
Nous habitons une zone couverte de jardins abandonnés. En cette saison, les prairies et les pelouses en friche sont couvertes de fleurs sauvages. Il paraît que nos murs sont mitoyens avec d'autres domaines. Les autres maisons sont-elles vides ? Sont-elles habitées ? Je n'en sais rien ; il n'est pas conseillé d'aller vérifier. Les Lisières se trouve à cent pas du village nommé Poleymieux, fameux repaire de chats, de rats et de Blafards qui ont déserté les ruines de la ville basse.
1) Qui êtes-vous ? !
Je suis romancier et poète. Mon dernier roman, SOLÈNE, se situe dans la poursuite d'un travail commencé au Mercure de France avec LA MUSIQUE DES MORTS et PAROLE DONNÉE.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de SOLÈNE est la force et la fragilité des voix de l'enfance.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Ludo s'endort en riant, tandis que moi, je veille jusqu'à l'aube en me répétant cette phrase "personne et aucun bruit"... Enfin, quand cesse l'écho silencieux de ces mots, la chanson de MINTAKA parvient à me calmer et je m'endors à mon tour."
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
L'andante de la sonate en si mineur de LISZT
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
) Je partagerais volontiers avec les lecteurs les pensées, les phrases qui leur viennent en tête, sitôt qu'ils auront achevé la lecture de SOLÈNE...
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