C'est la fête à Humanuaca et, les soirs de fête, le papa de Pablo et Dolorès raconte des histoires. Il raconte le vent dans les roseaux du lac Titicaca et Famine de l'âne Gougou avec la grenouille Nénette ; le courage de la poule Bianca en face de SSSik le serpent et la révolte du facteur Pigeon, parti dans les nuages avec Kiki le Condor...
Un livre écrit par un papa voyageur qui voulait que ses petits puissent s'endormir en l'écoutant, même lorsqu'il était loin.
Ce sont des histoires inventées par un papa-voyageur qui, loin de ses petits voulaient les faire rire et qu'ils puissent quand même s'endormir en l'écoutant.
De très beaux contes avec pour décor un Pérou coloré, et qui ont tous pour héros principaux un âne et une grenouille.
Acteur, réalisateur, écrivain et grand voyageur, Bernard Giraudeau a imaginé ces contes pour ses enfants lors d'un tournage dans les Andes. Bernard Giraudeau est décédé le 17 juillet 2010.
Les courts extraits de livres : 22/06/2011
LA FÊTE À HUMAHUACA
Aujourd'hui, c'est la fête à Humahuaca, un petit village des Andes. Tous les enfants ont mis leurs très beaux habits rouge, bleu, vert et leurs bonnets à oreillettes. Beaucoup sont venus de très loin dans de vieux camions à bestiaux qui toussent très fort à cause de l'altitude. Les jours de fête, le papa de Pablo et Dolorès a l'habitude de raconter des histoires à tous les enfants du pays qui sont assis en cercle autour de lui. C'est le conteur de la Quebrada d'Humahuaca. Il fait voler son poncho comme un grand oiseau de bon augure, tout à coup s'arrête, fait un signe à un homme qui frappe sur son tambour et demande aux enfants :
«Quel est ce coeur qui bat ?»
Silence.
«C'est le tambour qui a mal. Les tambours sont fabriqués avec des peaux de chèvre et quand on leur tape dessus, les anciens affirment que c'est le coeur de l'animal qui se plaint. Et le Charango ? Connaissez-vous son histoire ? - Non», répondent les enfants.
Bien sûr, tout le monde connaît son histoire, mais les enfants savent si bien mentir et le papa de Pablo et Dolorès connaît si bien les enfants.
«Alors je vous la raconte. Une belle araignée avait tissé sa toile dans la carapace vide d'un tatou. Une feuille agitée par le vent effleurait les fils. La musique était si belle que le vieux berger qui gardait ses lamas revenait chaque jour pour l'écouter Quand le vent n'agitait plus la feuille, il regardait l'araignée danser sur les fils. Un jour, elle disparut. Le berger s'empara de la carapace et caressa les fils fragiles. La musique était douce. Il voulut jouer plus fort mais rompit la toile. Il resta seul dans le silence. La musique lui manquait. Il ne pouvait vivre sans elle. Alors, il tendit des fils de soie très fins et très solides au travers de la carapace et c'est ainsi que le Charango est né. C'est une histoire que le vent m'a racontée, je suis très ami avec le vent, c'est lui qui a inventé la musique et les hommes n'ont fait que l'imiter. C'est ce qu'a fait un jour le sorcier des roseaux, le fou du vent.»
Le poncho du conteur vole et balaie la poussière.