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.. Enfances : entretien avec Marc Lecarpentier

Couverture du livre Enfances : entretien avec Marc Lecarpentier

Auteur : Jean-Jacques Sempé

Date de saisie : 16/12/2011

Genre : Bandes dessinées

Editeur : Denoël, Paris, France | M. Gossieaux, Paris, France

Collection : Albums et beaux livres

Prix : 49.00 € / 321.42 F

ISBN : 978-2-207-11179-6

GENCOD : 9782207111796

Sorti le : 08/09/2011

Jean-Jacques Sempé et Marc Lecarpentier, au micro de Jean Morzadec


Jean-Jacques Sempé raconte son amour de Paris au micro de Marc Lecarpentier et de Jean Morzadec


  • Les présentations des éditeurs : 13/10/2011

Sempé se confie à travers cette interview qui accompagne ses dessins et dans laquelle il raconte ses peines et ses bonheurs.



  • La revue de presse Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 15 décembre 2011

Car jamais Sempé ne s'est complu dans le misérabilisme ou l'apitoiement. Toujours, il a pratiqué la politesse du désespoir et porté sa tendresse avec élégance. Même son enfance, qui fut «lugubre», il en parle aujourd'hui, et pour la première fois, avec une légèreté et un détachement de vieil écrivain anglais dont la devise serait : «Never complain, never explain.» Il se confie à Marc Lecarpentier dans un long et bel entretien qui charpente ce volume d'«Enfances», où les garçons portent des bérets et les fillettes sont longilignes...
Incapable de rancune (de ses parents, qui l'ont frappé, il dit : «Je les aimais, je les aime toujours»), mais capable, pendant un dîner, de tordre le nez d'un péroreur prétentieux, fuyant l'esprit de sérieux (lorsque Marc Lecarpentier cite les «Prolégomènes à toute métaphysique future», de Kant, il ajoute : «C'est joli, Prolégomène, ça pourrait être le prénom d'une servante fidèle»), doutant sincèrement de ses dons, revendiquant le droit à la candeur et se méfiant des idées générales («mettons que je n'aie rien dit»), Sempé dessine aujourd'hui de grands gamins espiègles et de petits parents désabusés dans des vies insoucieuses et des villes arborées. En somme, l'enfance qu'il n'a pas eue, il l'invente à presque 80 ans, en romancier de la couleur, en musicien de la déraison et en peintre du bonheur. Le nôtre, on le lui doit depuis longtemps. Santé, Sempé !


  • La revue de presse Jean-Claude Raspiengeas - La Croix du 30 novembre 2011

Dans un livre-album d'entretiens (...), Jean-Jacques Sempé évoque ses chagrins inconsolables qui peuvent surgir quand il écrase une fourmi, par exemple... Il aime se répéter cette phrase qu'il trouve admirable et juste, qui pourrait lui servir de devise : «L'homme est un animal inconsolable et gai.»...
L'école, la radio, la musique et le dessin l'ont sauvé. Sempé raconte ses débuts, ses premiers dessins apportés au journal Sud Ouest, la longue recherche de son style devenu immédiatement identifiable, les encouragements de Chaval qui lui donne des ailes et le rend plus confiant, la naissance et l'éclosion du Petit Nicolas dans Sud Ouest dont il attribue le succès à son caractère immédiatement démodé.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, octobre 2011

On croyait tout savoir de Jean-Jacques Sempé...
Et l'on s'aperçoit, à travers ce nouvel ouvrage, qu'on était passé à côté de l'essentiel : son enfance. "Lugubre et un peu tragique", déclare-t-il à Marc Lecarpentier, ancien président du directoire de Télérama et "confesseur" d'un jour...
Ses premiers dessins d'autodidacte ? Un petit chien en laisse lové sur une casserole, puis des enfants, joyeux et insouciants, qui permettent à l'adulte à l'âme d'enfant de fuir la réalité. "L'homme est un animal inconsolable et gai" : c'est cette sentence qui transparaît à travers nombre des dessins (inédits pour beaucoup) reproduits dans ce très bel album.


  • La revue de presse Florence Noiville - Le Monde du 20 octobre 2011

Sempé allume une cigarette, très longue, très fine. Il tousse fort. "Après ça, c'est vrai, mon enfance n'a pas été follement gaie." Un père adoptif qui vend des boîtes de pâté et qui y va fort sur le quinquina. Une mère qui lui en veut de boire et de rapporter si peu d'argent. Des scènes à n'en plus finir. Des beignes comme s'il en pleuvait... "Quand je voyais une mère embrasser un copain, je fondais. Moi, tout ce que je recevais, c'était des torgnoles ! Il y avait une expression de ma mère, je peux vous la faire avec l'accent bordelais : "Approche un peu, approche, que je te donne une gifle que le mur t'en donnera une autre !" Elle tapait si fort que ma tête ribouldinguait contre le mur et ça me faisait deux baffes, une à l'aller, l'autre au retour." Sempé raconte cela dans le magnifique entretien qu'il a accordé à Marc Lecarpentier et sur lequel s'ouvre son nouvel album, Enfances.


  • La revue de presse Marianne Payot - L'Express, octobre 2011

On croyait tout savoir de Jean-Jacques Sempé : l'enfance à Bordeaux, les virées à vélo pour les commerçants du coin, les premiers dessins publiés dans le journal Sud-Ouest, la rencontre avec Chaval, puis, plus tard, les "covers" pour le New Yorker, Le Petit Nicolas bien sûr, avec l'ami Goscinny, et encore la renommée, les multiples albums... Et l'on s'aperçoit, à travers ce nouvel ouvrage, qu'on était passé à côté de l'essentiel : son enfance...
"L'homme est un animal inconsolable et gai" : c'est cette sentence qui transparaît à travers nombre des dessins (inédits pour beaucoup) reproduits dans ce très bel album.


  • La revue de presse Béatrice Vallaeys - Libération du 6 octobre 2011

Sempé aime-t-il les enfants ? La question semble totalement saugrenue tant il leur a consacré de dessins, et par conséquent de temps. Son dernier album, sobrement titré Enfances, rassemble un très grand nombre de ces scènes où l'enfant n'est pas roi, mais héros. Généralement joyeux, joueur, moqueur, parfois simplement pensif, triste aussi, fâché, sanglotant, apeuré. Bref, toutes les situations où peut se trouver un enfant, Sempé les a vues, connues, imaginées, dessinées. Et pas seulement dans la peau du Petit Nicolas et de son inénarrable bande de copains.


  • Les courts extraits de livres : 07/11/2011

Le début de la carrière de Sempé
Sempé commence sa carrière de dessinateur par la presse. D'abord à Bordeaux où Sud-Ouest Dimanche publie en 1950 ses premiers dessins. Ensuite à Paris où il tente de placer ses dessins dans les journaux. Jean-Jacques Sempé collabore alors à de nombreux titres : Ici Paris, France Dimanche, Samedi Soir, Noir et Blanc, Le rire, etc. Dans Le Moustique, journal belge pour enfants, il publie les premiers dessins du Petit Nicolas. Dans Paris-Match, il participe à la dernière page en compagnie de Chaval, Bosc, etc. C'est Françoise Giroud qui lui offre une première collaboration régulière dans L'Express, où il porte un regard décalé sur l'actualité.

Son rapport à Paris
À son arrivée à Paris, Sempé s'installe rapidement rive gauche. Entre Montparnasse et Saint-Germain des Prés, il promène sa curiosité dans des lieux qui l'apprivoisent (Chez Lipp, le Café de Flore, la Closerie des Lilas, Chez Castel, le jardin du Luxembourg, etc.) et se lie d'amitié avec Françoise Sagan, Jacques Tati, Jacques Prévert, Raymond Savignac, René Goscinny...

Fasciné par la capitale, Sempé saisit avec délectation les courbes d'un immeuble haussmannien, la poésie d'un autobus à plateforme ou le calme du jardin du Luxembourg. Attendri, il observe les amoureux, s'amuse d'une actualité qu'il regarde de loin en moquant gentiment la foule du métro, la circulation, les manifestations, ou les gros titres des kiosques à journaux.

A la découverte de New York
Sempé découvre New York en 1965. Il y reste une quinzaine de jours et passe plusieurs fois devant l'immeuble du New Yorker sans oser y entrer,
Il y reviendra plusieurs années plus tard, après avoir réalisé sa première couverture pour le New Yorker. À la demande de William Shawn, directeur du quotidien, il crée "Par Avion", équivalent américain de Monsieur Lambert où il dit sa vision de l'Amérique.
Un jour, le directeur artistique du New Yorker était allé à Londres, pour une exposition. Les journalistes anglais lui avaient posé la question : - Qu'est-ce qu'il faut pour qu'un dessin fasse la couverture du New Yorker ? Il avait réfléchi et répondu : - Ce qu'il faut pour qu'un dessin soit une couverture du New Yorker ? C'est que le New Yorker le reproduise et en fasse sa couverture. Là, ça devient une couverture du New Yorker. Ce n'est pas du tout stupide, ce qu'il a dit. C'était étrange, mais c'était ça la vérité. On ne sait pas ce que c'est, mais il faut que ce soit.»

Depuis son premier numéro, publié le 17 février 1925, le New Yorker s'est affirmé comme un magazine totalement original, unique dans la presse mondiale, le magazine fondé par Harold Ross et son épouse a su rester fidèle, au fil des ans, à sa tradition d'impertinence et de sophistication décalée.
Depuis 1978, Sempé a réalisé plus de cent couvertures pour le New Yorker. Elles permettent de découvrir une autre facette de son immense talent. Grâce à des oeuvres en couleurs et sans légende, le dessinateur devient peintre de l'âme, saisissant des instants fugaces où s'entremêlent l'humour, le rêve et la poésie.
L'humour de l'auteur
Au fil du temps, le travail de Sempé évolue, trés vite s'y adjoint un regard plus profond sur la société. Chaque dessin est construit comme une nouvelle mettant en lumière les comportements humains ou les doutes existentiels. Ce catalogue raisonné de nos faiblesses, maladresses et solitudes, met le lecteur en joie, qui voit dans l'âme de chaque personnage un miroir de ses propres fragilités.

En quarante albums, de 1962 à 2010, le dessinateur de presse est devenu un auteur reconnu qui ausculte le corps social avec compassion mais sans apitoiement.

(Vu sur Paris.fr)


  • Le courrier des auteurs : 18/10/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un dessinateur d'humour, j'espère !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Essayer de montrer que l'ENFANCE n'a pas d'âge.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«J'ai conservé un état d'esprit qui est parfois un peu ridicule.
Il y a quelques années, quand je voyais des gosses qui jouaient au ballon, je ne pouvais pas m'empêcher de me mélanger à eux ! Une fois, j'ai dribblé deux ou trois gosses, shooté et marqué le but. Et j'ai entendu un des enfants dire à un autre :
«C'est un professionnel !». J'étais fier, très fier. Je suis parti nonchalamment, mais en balançant un peu les épaules quand-même ! ! !Vous voyez : J'ai un côté enfant qui est vraiment ridicule, qui m'agace beaucoup, mais c'est comme ça !

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Des thèmes de Jazz. C'est Duke Ellington qui disait : «Le jazz est à la musique classique ce que le dessin d'humour est à la peinture». Pour moi, ça a toujours été proche. C'est-à-dire que le dessin d'humour, ce n'est pas grand chose. Comme dans le Jazz, l'art, c'est de suggérer. C'est terrible, c'est le contraire de notre époque qui enfle tout. Le dessin d'humour, comme le jazz, c'est l'humilité.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Si mes dessins les font sourire un instant, je serai heureux de cette complicité !


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