Au moment où j'ai commencé les travaux de ce qui allait devenir Les Écrivains beats et le voyage, il n'existait aucune étude historique du mouvement beat.
Comme un tel ouvrage était indispensable à l'analyse de ce mouvement, j'ai entrepris de le faire.
J'ai d'abord soigneusement recueilli, au fur et à mesure de mes lectures, toute indication précise concernant soit les écrivains beats en particulier soit le mouvement beat pris dans son ensemble. Dans un deuxième temps, j'ai tenté de combler les lacunes de cette Chronologie en interviewant les écrivains beats eux-mêmes.
Finalement, pour réduire au minimum les risques d'erreur inhérents à une telle entreprise, j'ai demandé à Carolyn Cassady, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, Allen Ginsberg, Eileen Kaufman et Gary Snyder de bien vouloir vérifier cette reconstruction. J'ai trouvé chez eux une réception amicale, un même esprit de vérité et de partage.
J.S.
Les courts extraits de livres : 21/07/2011
Les femmes de la Beat Generation
En terminant, en 1975, mon étude sur Les Écrivains beats et le voyage, commencée en 1968, j'ai éprouvé un grand regret : celui de m'être exclusivement consacrée aux hommes de la Beat Generation et de n'avoir pas réservé aux femmes la place qu'elles méritaient.
À cette époque, le mouvement beat apparaissait essentiellement masculin et les écrivains les plus connus étaient bien Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, William Burroughs, Gregory Corso, Bob Kaufman, Gary Snyder, à la notable exception de Diane di Prima. City Lights avait pourtant commencé à découvrir les femmes de la Beat Génération et à les publier : Janine Pommy Vega dès 1968, Anne Waldman en 1975.
Où étaient donc les femmes de ce mouvement ? Qui étaient-elles ? Que faisaient-elles ? Quel fut leur rôle ? Ces questions ont largement trouvé réponse depuis, grâce à de nombreuses études et publications. Pour ma part, en publiant le dossier intitulé Les femmes de la Beat Generation, Portrait d'un groupe qui n'en est pas un, dans Le Journal des Poètes (N° 2 de 2004, Bruxelles), puis dans Action poétique (N° 200, 2010), j'ai eu le sentiment d'avoir en partie comblé cette lacune.
Le courrier des auteurs : 21/07/2011
1) Qui êtes-vous ? !
Quelqu'un qui concentre ses efforts sur la défense et la promotion d'écrivains choisis : ceux et celles de la Beat Generation ; le poète anglais Keith Barnes ; la poète japonaise Shizue Ogawa...
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Les différentes formes de voyage, donc d'exploration au travers de la vie et de l'oeuvre des écrivains de la Beat Generation : géographique (États-Unis, Europe, Mexique, Orient), intérieur (expansion de la conscience, exploration de l'inconscient), écriture (automatisme, utilisation de l'image, onirisme).
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Les écrivains beats veulent la naissance d'un nouvel homme, libre et sincère».
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une symphonie de Mahler pour le livre lui-même, du jazz pour les écrivains beats.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Plus qu'un espoir : la conviction qu'il est indispensable de «changer la vie». L'impact des écrivains de la Beat Generation montre que les efforts en ce sens ne sont pas vains.