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.. Les romans du Mont Saint-Michel

Couverture du livre Les romans du Mont Saint-Michel

Auteur : Patrice de Plunkett

Date de saisie : 03/06/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Le roman des lieux et destins magiques

Prix : 20.90 € / 137.10 F

ISBN : 9782268071473

GENCOD : 9782268071473

Sorti le : 01/06/2011

  • Les présentations des éditeurs : 03/06/2011

Les Romans du Mont Saint-Michel racontent l'aventure authentique de tous ceux qui furent (ou qui sont aujourd'hui) attirés par ce lieu unique au monde.

Pourquoi des millions d'hommes et de femmes, depuis plus de mille ans, sont-ils venus ici ? Que cherchent-ils ? Qu'est-ce qui les fascine ? L'étrangeté du lieu, la réputation fantastique de son maître, l'archange Michel...

Le succès populaire du Mont à travers les siècles a eu des conséquences étonnantes, extravagantes, contradictoires. Autour du mystérieux sanctuaire se sont déchaînées toutes les forces humaines : la guerre, l'argent, la politique, le pouvoir, les intrigues, l'honneur et l'arrogance, le courage et la rapacité. Mais le Mont attire aussi la poésie, les puissances du rêve inspirées par le ciel, la mer et les vents.

Ce livre-enquête fait découvrir - en huit «romans» distincts - l'histoire des pèlerins, des chevaliers, des moines, des prisonniers, des romanciers, des foules mondiales. Et bien sûr, l'histoire de la baie, de la terre et des eaux, ainsi que l'histoire de l'archange.

Une véritable saga, qui nous donne la clé du Mont Saint-Michel.

Patrice de Plunkett a mené dix ans de recherches sur l'histoire de ce lieu sans équivalent au monde. Essayiste et journaliste (il a notamment été cofondateur, rédacteur en chef culture puis directeur de la rédaction du Figaro Magazine), il est l'auteur de dix livres dont L'Opus Dei : enquête sur le monstre, et L'écologie, de la Bible à nos jours.


  • Les courts extraits de livres : 03/06/2011

Terre et mer

Le spirituel vient par les orteils. Un matin de vives eaux, vous êtes sur les dunes du Bec d'Andaine pour traverser les grèves vers le Mont. Le passeur dit d'ôter vos chaussures; vous les rangez dans le sac, et vous posez le pied sur cette cendre de mer qu'on appelle la tangue. Un contact souple, rugueux, légèrement humide...
Pour les géologues, la tangue déposée par les marées de la Manche est une formule minéralogique : du sable argileux, 40 % de carbonate mêlé de quartz, de sulfures, de paillettes de mica et de poussières de coquillages.
Pour vous, cheminer pendant trois heures pieds nus sur la tangue de la baie ne sera qu'une sensation. «L'Éternel modela l'homme avec de la glaise du sol...» Entre terre et mer, la traversée de la baie est un voyage dans les réalités premières : «l'eau, la lumière, la boue, le ciel et les oiseaux», a dit le passeur. Retirée à dix kilomètres, la mer est hors de vue. Elle règne par son absence. Elle laisse l'homme marcher dans son espace, mais l'eau reste partout sur les grèves. Il y a les miroirs oubliés par le reflux, et il y a les flots sombres des rivières : la Sée, la Sélune, le Couesnon...
Vous avancez au milieu d'un grand silence sonore, vrillé du cri des sternes.
La baie du Mont Saint-Michel n'a pas d'égale. Les plus grandes marées de la planète, sur un désert marin de cinq cents kilomètres carrés ! Dans l'entonnoir du golfe normand-breton, entre Granville et Cancale, la Manche propulse à chaque flux cent millions de mètres cubes d'eau et dépose six mille tonnes de sables et de vase grise. À marée basse, les rivières et les «criches» (les chenaux) creusent et recreusent les grèves, rebousculées chaque fois par la marée haute... Ce désert de sables est mouvant. Il a deux pivots, les rocs granitiques de Saint-Michel et de Tombelaine : autour d'eux, il ne cesse de bouger. La création du monde continue à toute heure.
Fut un temps où le Mont Saint-Michel et Tombelaine étaient dans les terres, comme le mont Dol : la plage était une steppe semée de bosquets. C'était il y a vingt mille ans.
Fut un temps aussi où ces terres étaient sous l'eau : les trois monts étaient des îles. C'était il y a six mille ans.
Puis la mer a encore reculé. Puis elle est revenue, moins profondément : le mont Dol est resté terrien, mais Saint-Michel et Tombelaine étaient à nouveau des îles. Chaque marée apportait du sable et de la tangue. Les rivages de la baie devenaient prés-salés, se couvraient de plantes maritimes : lavandes de mer, petits buissons d'obiones, salicornes charnues...
Au VIe siècle de l'ère chrétienne, le Mont était une île à marée haute et le paysage de la baie était celui que Chateaubriand décrira douze siècles plus tard : «Entre la terre et la mer s'étendent des campagnes pélagiennes, frontières indécises des deux éléments : l'alouette de champ y vole avec l'alouette marine; la charrue et la barque, à un jet de pierre l'une de l'autre, sillonnent la terre et l'eau... Des sables de diverses couleurs, des bancs variés de coquillages, des varechs, des franges d'une écume argentée y dessinent la lisière blonde ou verte des blés.» En ce temps-là des ermites vivaient sur le Mont.
Pourquoi des ermites ? Parce que l'homme ancien voyait la baie comme un temple. Mais l'homme moderne décide qu'elle doit se rendre utile.


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