Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Frank M. Robinson
Traducteur : Jean-Daniel Brèque
Date de saisie : 26/07/2011
Genre : Science-fiction, Fantastique
Editeur : Denoël, Paris, France
Collection : Lunes d'encre
Prix : 23.50 € / 154.15 F
ISBN : 978-2-207-10127-8
GENCOD : 9782207101278
Sorti le : 06/05/2011
En mission d'exploration sur Séthi IV, le jeune Moineau dévisse d'une falaise. Très grièvement blessé, il est rapatrié sur son vaisseau-génération, l'Astron, pour être soigné. Alors qu'il se remet lentement de ses blessures à l'infirmerie, on tente sans succès de l'empoisonner. Guéri, mais amnésique, Moineau ne peut que redécouvrir le monde où il est né : un vaisseau délabré, hanté par un équipage indifférent, voire hostile. Le capitaine de l'Astron est prêt à répondre aux questions de Moineau. Mais cet immortel semble avoir perdu la raison : il veut traverser la Nuit, une partie de la galaxie totalement dénuée d'étoiles, pour aller chercher des signes de vie extraterrestre de l'autre côté. Un voyage de cent générations, qui semble bien impossible pour un vaisseau aussi abîmé que l'Astron.
Fresque spatiale écrite comme un thriller, "Destination ténèbres", souvent comparé à "Moby Dick", s'est imposé dès sa parution, en 1991, comme un classique de la science-fiction américaine.
Frank M. Robinson est l'auteur du "Pouvoir" (Folio-SF). Écrivain, éditeur, il est mondialement connu pour son scénario de "La Tour infernale".
La solitude et la mémoire sont les deux thèmes de cette histoire qui se déroule presque entièrement dans les flancs de l'Astron, navire parti de la Terre depuis deux mille ans en quête de civilisations non humaines...
Le mythe de la Terre-Mère, le capitaine fou aux commandes depuis vingt siècles, le poids des cent générations qui se sont déjà succédé à bord, et le sinistre service de recyclage... Tous ces archétypes du récit de vaisseau-arche se retrouvent ici, mais subtilement gauchis, déformés.
La seule chose dont je me souviens, c'est que j'ai vu quelque chose d'extraordinaire le matin du jour où je suis mort.
J'avais accompagné l'équipe à bord du Module d'atterrissage à six heures, alors que le soleil du système projetait un délicat éclat lavande sur le sol de la vallée. J'étais le dernier à descendre l'échelle et, comme ma botte s'était prise entre deux barreaux, j'ai dû faire un saut de côté pour ne pas me vautrer sur la surface de la planète. Apparemment, personne n'a rien remarqué, mais les indicateurs de stress ont sifflé dans mon casque et mon écran a affiché en accéléré une série de diagrammes, qui s'est interrompue un instant pour reprendre aussitôt.
Pulsations cardiaques anormales, respiration anormale, sécrétions corporelles anormales...
La séquence de chiffres présentait elle aussi une anomalie, un clignotement trahissant un court-circuit, et j'ai étouffé un juron. J'avais inspecté le baudrier électrique et l'affichage du casque avant de quitter le vaisseau et je savais qu'un de mes équipiers était repassé derrière moi.
Cela n'aurait pas dû se produire.
J'ai empoigné le piolet passé à ma ceinture, rajusté mon sac à échantillons, puis je me suis tourné vers les autres explorateurs, qui embarquaient un par un dans la Jeep. Comme je me trouvais face au soleil, j'ai dû lever une main pour me protéger les yeux. La polarisation de ma visière ne répondait pas, elle non plus. Je me suis demandé si elle avait jamais marché puis je me suis dit que c'était sans doute la première chose que j'avais vérifiée, vu que c'était la plus facile. Je n'aurais pas manqué de repérer un dysfonctionnement.
Puis j'ai jeté un coup d'oeil alentour et j'ai oublié tous mes tracas, saisi par la bouleversante beauté de la planète.
Des dunes s'étirant sur trois kilomètres, jusqu'au lit asséché d'un canon, et des collines roses blotties sous un ciel couleur pêche. Des rochers rougeâtres et poreux à moitié enfouis dans le sable mobile - du sable ! j'en ai frappé un du pied, souriant comme un idiot en voyant que ma botte soulevait un panache de poussière. Obéissant à une impulsion, j'ai laborieusement tracé la lettre H à côté du rocher.
L'immortalité instantanée. Du moins jusqu'à la prochaine tempête.
De l'autre côté du canon, un volcan bouclier se dressait sur une hauteur de dix kilomètres et ses escarpements venaient frôler l'antique lit desséché. Nous devions prélever des échantillons dans le sol et sur les falaises, et ensuite...
1) Qui êtes-vous ? !
Le coauteur du roman qui a inspiré "La Tour infernale", mais aussi d'un classique de la science-fiction, "Le Pouvoir" (Folio SF), et de quantité d'ouvrages sur les pulps, dont j'étais un grand collectionneur. Par ailleurs, j'ai jadis travaillé avec le regretté Harvey Milk et je joue même un petit rôle dans le film que lui a consacré Gus Van Sant.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
La réalité et l'illusion, du monde comme de l'esprit humain.
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
La dernière, mais je ne peux évidemment pas la reproduire ici.
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Tonight's the Night", de Neil Young
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le plaisir d'une vision constamment bouleversée - comme si un voile se déchirait pour laisser entrevoir les rouages de l'univers.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia