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.. Une heure avant l'attentat

Couverture du livre Une heure avant l'attentat

Auteur : Bernard Turle

Date de saisie : 23/05/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Les promeneurs solitaires, Tourrettes, France

Collection : Grands Solitaires

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782917352090

GENCOD : 9782917352090

Sorti le : 05/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 23/05/2011

Bloqué dans un appartement de Bombay pendant les trois jours du couvre-feu imposé à une partie de la ville lors des attentats des 26-29 novembre 2008, le narrateur est particulièrement affecté par la tuerie de la gare CST, dont il vient de photographier les voyageurs. Alors que les médias se concentrent sur les prises d'otages dans les cinq-étoiles, il pleure les gens simples qui ont péri à la gare - symboles de toute une catégorie d'Indiens victimes de la nouvelle Inde. Tandis que retentissent des explosions sporadiques non loin de sa confortable chambre d'ami, il a tout le loisir de se remémorer ses périples dans le sous-continent, effectués sur fond de mondialisation, favorable aux uns, subie par les autres. La nouvelle donne indienne nécessite un état des lieux, dont le bilan n'est pas sans rapport avec les événements dramatiques qui se déroulent à l'extérieur du huis clos dans lequel le narrateur se retrouve confronté à «son» Inde.

Bernard Turle vit et travaille dans le Var. Il y écrit, traduit et dirige le WEM, festival socio-musical qu'il a créé en 1997. Dans le cadre du WEM, il invite régulièrement des artistes indiens. Il séjourne souvent en inde où il entretient des relations suivies avec des artistes et des O.N.G. spécialiste de Bombay/Mumbai, il a dirigé Bombay Mix Mumbai Max, numéro hors-série du magazine Figures dans lequel il dressait un portrait de la mégapole en 2005. Il a traduit plusieurs romans dont l'action se passe à Bombay, comme La Fille qui marchait sur l'eau et Les Derniers flamants de Bombay, de Siddharth Dhanvant Shanghvi aux éditions des Deux Terres ou Serious Men, de Manu Joseph, chez Philippe Rey.


  • Les courts extraits de livres : 23/05/2011

Extrait de l'avant-propos

Ce soir, j'ai passé avec Babuji plus d'une heure, de 19h50 à 21h00, dans le hall du Chhatrapati Shjivaji Terminus (ex Victoria Terminus). L'une des grandes gares de Mumbai (ex Bombay). L'une des plus grandes gares indiennes. L'une des plus grandes du monde. J'ai photographié l'impressionnant bâtiment colonial et les voyageurs. Je dois concevoir les décors et les costumes d'un musical dont l'action se situe sur un quai de gare indienne. Pour ce faire, je pioche dans mes souvenirs de voyages ferroviaires en Inde ; j'ai voulu, ce soir, m'imprégner de l'atmosphère particulière d'une gare terminus.
Puis j'ai pris le bus pour rentrer à l'appartement de Shekhar, à Colaba, l'extrémité chic de la péninsule de Bombay Sud : le bus n°i03, boîte en ferraille bruyante, carlingue rouge éraflée, fenêtres à barreaux, intérieur verdâtre dont l'éclairage cru le métamorphose à la tombée de la nuit en aquarium haut sur roues ; il passe devant le dôme en bulbe du musée du Prince de Galles (rebaptisé par les autorités nationalistes locales Chhatrapati Shjivaji : comme la gare, Victoria Terminus - VT -, devenue Chhatrapati Shjivaji Terminus - CST -, comme l'aéroport, Chhatrapati Shjivaji International Airport, Mumbai). Après avoir contourné le rond-point du cinéma Régal, à deux cents mètres du célèbre hôtel TajMahal, le n°103 emprunte Colaba Causeway et passe devant le Café Leopold, lieu de rendez-vous de la jeunesse dorée et des touristes. Vers la fin de son parcours, entre la façade aveugle d'un cabaret louche aux videurs patibulaires et l'éventration blanche, bleu marine et jaune électrique, d'une station service Bharat Petroleum, il passe à proximité de Nariman House, un immeuble caché dans un dédale de ruelles populaires, que personne en ville ne connaissait jusqu'à ce soir.
Couché peu après 22h00, je me suis laissé bercer par le ressac de la mer d'Oman.
Ensuite, je ne sais quand, Shekhar a déboulé dans la chambre d'ami, annonçant que, à en croire les médias, Mumbai était «en état de siège». Colaba, notre quartier, était bouclé. Différents lieux de la ville éloignés les uns des autres étaient la cible d'attaques terroristes quasi simultanées. A sa mine, je compris qu'il ne plaisantait pas. «CST...
- CST ? La gare ?
- Oui, VT. Plusieurs sites de Colaba, le Taj... te rends-tu compte, le Taj ! Et l'Oberoi, c'est à peine croyable. Et un immeuble à deux pas d'ici. Mais aussi Vile Parle, près de l'aéroport, très loin au nord, sans doute visent-ils l'aéroport... et peut-être d'autres endroits. C'est pire que 9/11.» Je n'ai jamais vu Shekhar aussi inquiet. «A se demander si ce n'est pas le début d'un conflit généralisé... En ville, c'est la panique. Je reçois des coups de fil de partout, de tout le monde. Je voulais te prévenir. Désolé.»


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