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.. Le pharaon renversé : dix-huit jours qui ont changé l'Egypte

Couverture du livre Le pharaon renversé : dix-huit jours qui ont changé l'Egypte

Auteur : Robert Solé

Date de saisie : 21/05/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Les Arènes, Paris, France

Prix : 19.80 € / 129.88 F

ISBN : 9782352041535

GENCOD : 9782352041535

Sorti le : 20/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 27/05/2011

Du 25 janvier au 11 février 2011, l'Égypte a connu la première révolution populaire de sa très longue histoire. En dix-huit jours, des manifestants, jeunes pour la plupart, sont parvenus à chasser l'équivalent moderne du pharaon. Au pouvoir depuis 1981, Hosni Moubarak - lâché par son armée - a été contraint au départ par des foules immenses, rassemblées sur la place Tahrir au Caire. Une place déjà entrée dans la légende.

Après la Tunisie, l'Égypte inaugure-t-elle un «printemps arabe» ? Il ne suffit pas de décapiter un régime autoritaire, sali par la torture et miné par la corruption, pour donner naissance à une démocratie. La «révolution du 25 janvier» ne fait que commencer...

Robert Soie, à qui l'on doit de nombreux essais et romans sur l'Égypte, son pays d'origine, raconte par le menu ces dix-huit journées qui ont changé le cours de l'histoire. Des journées fiévreuses, inventives, héroïques parfois, que l'auteur du Tarbouche et du Dictionnaire amoureux de l'Égypte restitue ici dans leur effervescente richesse.

Un récit de l'intérieur par le plus égyptien des auteurs français.

Robert Solé

Né au Caire, il est arrivé en France à l'âge de dix-huit ans. Journaliste pendant plus de quarante ans au «Monde», il en a été le correspondant à Rome puis à Washington, avant d'y occuper les fonctions de rédacteur en chef, médiateur, billettiste et responsable du «Monde des livres». Depuis mars 2011, il se consacre à l'écriture.


  • Les courts extraits de livres : 27/05/2011

Ce mardi 18 janvier 2011, je me trouve sur la place Tahrir pour une raison un peu particulière : j 'ai rendez-vous avec un pharaon. Achevant un livre sur la vie posthume de Ramsès II, il me faut voir une dernière fois le fils d'Amon, élu de Rê, Seigneur des Deux Terres, dont le corps embaumé repose dans la salle des momies royales du Musée égyptien. L'écrivain Khaled al-Khamissi nous attend, ma femme et moi, à l'entrée du grand édifice rose de style gréco-romain. Encore faut-il pouvoir arriver jusque-là...
Le midan Tahrir est le carrefour le plus fréquenté du Caire. La gare routière, avec ses nombreux bus partant pour les différentes villes d'Égypte, a été supprimée, mais les autos s'y sont multipliées. Les passants également, puisque les deux principales lignes de métro font leur jonction ici, en souterrain, à la station Sadate. Ces véhicules qui surgissent de tous côtés donnent le tournis. Contrairement à ce qu'avait joliment imaginé Albert Cossery dans son roman Les Couleurs de l'infamie, personne n'exerce le métier de «passeur» pour aider les dames à traverser... Mais, ce mardi matin, avec une autorité inhabituelle et une galanterie qui l'honore, un policier a réussi à arrêter un flot de voitures pour nous permettre d'atteindre le trottoir d'en face.
Elle ne ressemble à rien, cette immense place Tahrir. D'abord, est-ce vraiment une place ? Elle n'est bordée d'immeubles que d'un seul côté, et ses limites sont floues. Il s'agit en réalité d'une demi-douzaine d'espaces contigus, occupant plusieurs hectares. A l'origine, elle s'appelait Ismaïlia, du nom du khédive Ismaïl : un vice-roi francophone, ébloui par les réalisations d'Haussmann et qui voulait faire du Caire, dans les années 1860, un petit Paris. On lui attribue une phrase étonnante : «Mon pays n'est plus en Afrique, nous faisons partie de l'Europe.» Ismaïl avait chargé un autre Moubarak, Ali Moubarak pacha, de réaliser ces aménagements. Le midan Ismaïlia, vaste esplanade, reliait le Nil au nouveau quartier européen. Deux décennies plus tard, les Britanniques, devenus les maîtres de l'Égypte, y ont installé leurs casernes, le long du fleuve. Et, en 1902, a surgi de terre le nouveau Musée égyptien, conçu par un architecte français, Marcel Dourgnon.
La place a été rebaptisée Tahrir (Libération) après le coup d'État militaire de 1952. On se libérait à la fois des Anglais et de la monarchie. Un piédestal, qui était sur le point d'accueillir une statue d'Ismaïl, a été laissé tel quel, comme pour souligner la fin de l'ancien régime. Et les casernes britanniques ont été remplacées par les symboles du nouveau pouvoir : le siège du parti unique et celui de la Ligue arabe, venus s'ajouter au Mogammaa, un grand bâtiment administratif de style soviétique, incarnant à la fois la bureaucratie et la police.


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