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.. Al Capone le Malien

Couverture du livre Al Capone le Malien

Auteur : Sami Tchak

Date de saisie : 26/05/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 18.80 € / 123.32 F

ISBN : 978-2-7152-3178-8

GENCOD : 9782715231788

Sorti le : 03/02/2011

  • Les présentations des éditeurs : 27/07/2011

Le prince s'est frayé un chemin au milieu des danseuses excitées pour marcher vers Binétou Fall. II lui mit la main sur l'épaule. Elle eut un sourire crispé. Les femmes poussaient leurs cris. À la surprise générale, Son Altesse Edmond VII ouvrit d'abord la bouche comme s'il s'apprêtait à avaler l'univers, puis il souffla bruyamment au-dessus de la tête de Binétou Fall. J'étais présent, j'avais vu. Un pigeon blanc est sorti de la bouche de l'homme doré pour se poser sur la coiffe de Binétou Fall. Tous les dignitaires se sont levés, les yeux écarquillés.

Venu faire un reportage à la frontière entre la Guinée et le Mali, René se retrouve coincé dans un hôtel de luxe de Bamako. Loin de la vision traditionnelle, le Français découvre une tout autre Afrique, celle de la corruption, des affaires de moeurs et des meurtres sanglants... Fasciné par cet univers du luxe et de la débauche, ainsi que par l'étrange prince Edmond VII alias Al Capone, René plonge corps et âme dans une folle aventure où le sexe, l'argent et les plus grands secrets d'État semblent inextricablement mêlés.
Avec sa voix singulière, Sami Tchak peint une Afrique partagée entre poésie et violence, cruauté et sensualité.

Né au Togo en 1960, Sami Tchak vit et travaille à Paris. Au Mercure de France, il est l'auteur du Paradis des chiots et de Filles de Mexico.



  • La revue de presse Jean-Marie Gustave Le Clézio - Le Nouvel Observateur du 5 mai 2011

Sami Tchak est au meilleur de lui-même, quand il fait vivre cette société archaïque, extravertie, dans tout son kitch (on pense parfois aux reportages photographiques du Sud-Africain Pieter Hugo au Nigeria, Mais il ne se contente pas d'être un observateur, comme son héros René. Parfois l'émotion affleure...
Dans ce roman puissant et inspiré, Sami Tchak, comme son contemporain Mabanckou, reprend à son compte l'engagement littéraire initié par ses prédécesseurs africains, Amos Tutuola, Wole Soyinka, Yambo Ouologuem ou Ahmadou Kourouma - mais ce qu'il dit ne concerne pas seulement l'Afrique. Le règne des jouisseurs et des corrupteurs est partout dans le monde, il n'est pas réduit à ce seul continent. Sami Tchak parle de l'Afrique en nous. Son oeuvre - rien à voir avec les prétendues philosophies de la télécratie ni avec les chapelles littéraires autoproclamées - est pleine d'une ironie salutaire, si le mot n'était pas tant décrié on la dirait d'un moraliste. Elle est de celles qui aujourd'hui donnent des ailes à la littérature française.


  • La revue de presse Valérie Marin La Meslée - Le Point du 28 avril 2011

Al Capone à Bamako. Mais que peut bien cacher pareil titre ? Un voyage initiatique organisé par l'écrivain togolais Sami Tchak qui débute dans le Mali profond avant d'entamer un virage brutal vers la capitale, Bamako, dans l'entourage de luxe et de stupre d'un escroc camerounais.


  • Les courts extraits de livres : 27/07/2011

Namane Kouyaté

Il tenait levée une petite pancarte sur laquelle se détachaient en lettres capitales les nom et prénom de la personne importante qui méritait d'être accueillie directement au pied de l'avion. Cette personne, c'était moi, et lui qui m'accueillait, Namane Kouyaté. Ses chaussures, ses chaussettes, son pantalon, sa veste, sa chemise et sa cravate étaient d'un blanc immaculé. Ses cheveux aussi, tout blancs. Chaque fois que je l'avais eu au téléphone depuis Paris, je me l'étais toujours représenté grand et robuste, mais je découvrais ce 23 novembre un homme fragile à la respiration sifflante sur qui le temps signait une victoire facile. De taille modeste, il était aussi mince, je dirais même un peu maigre.
«Sois le bienvenu dans mon pays, René.» Nous nous sommes embrassés. «Merci pour cet accueil.» De ses vêtements se dégageait un agréable parfum. Maintenant, je marchais derrière lui en tirant ma petite valise de cabine, mon seul bagage. «Nous allons passer par le salon VIP, il faut que nous sortions rapidement de l'aéroport pour éviter les embouteillages de Conakry.» Oui, de son statut d'ancien diplomate, il avait conservé quelques prérogatives dont je profitais alors. Une fois que nous nous sommes retrouvés dans le salon VIP, il a pris mon passeport et s'est occupé lui-même, en moins de dix minutes, de toutes les formalités de débarquement. Les policiers le connaissaient bien qui l'appelaient «Koro Kouyaté», «Chef Kouyaté», «Patron Kouyaté». Il savourait tout cela avec une indifférence feinte. Je ne l'ai pas vu sourire une seule fois. Il avait gardé un air sévère, l'attitude d'un homme que la conscience de sa propre importance ne devait pas quitter une seule seconde ! Je me laissai, à son ombre, aller à me croire important moi aussi, au point de poser sur les passagers et le personnel debout ou assis dans ce salon un regard hautain. Mais ma propre vérité ne se fit pas oublier pendant longtemps. Ma présence en ce lieu appartenait à ces mensonges qui consolent parfois beaucoup de vies sans relief. Comme la mienne.


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