Inscrivez-vous àla Lettre des Bibliothécaires.
Bibliothécaires,partagez vos découvertes.
Clubs de lecture,envoyez vos choix.
Editeurs,valorisez vos livres.
Auteur : Ramon Diaz-Eterovic
Traducteur : Bertille Hausberg
Date de saisie : 15/06/2011
Genre : Policiers
Editeur : Métailié, Paris, France
Collection : Bibliothèque hispano-américaine
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-86424-768-5
GENCOD : 9782864247685
Sorti le : 10/03/2011
Germán Reyes est abattu à la sortie de son travail, la police de Santiago du Chili met cette affaire sur le compte de la délinquance ordinaire, sa soeur est la seule à ne pas accepter cet assassinat sans piste ni mobile. Elle est l'amie de Griseta, l'éternel amour fugitif de Heredia, qui ne sait rien lui refuser.
Détective privé, celui-ci vit avec son chat Simenon, fréquente les bars et les hôtels bas de gamme, côtoie des personnages excentriques et marginaux, sa clientèle vient du quartier pauvre qu'il habite. Dans cette affaire impossible il se retrouve vite confronté aux fantômes du passé de la dictature, à la torture et aux tortionnaires, et à des coïncidences troublantes. Mêlant ses souvenirs à l'enquête il nous donne à lire un portrait de la ville, une image du passage du temps et des tours que nous joue la vie. Un beau roman noir nostalgique et sans concession sur une période sombre du Chili.
Un romancier en pleine possession de son talent pour le plus grand plaisir des lecteurs.
Ramón DIaz-Eterovic est né en 1956 à Punta Arenas. Il est l'auteur de nombreux romans mettant en scène le personnage de Heredia, dont Les Sept Fils de Simenon, La Mort se lève tôt, Les Yeux du coeur et La Couleur de la peau. Il est publié en Italie, Allemagne, Portugal, Espagne, Grèce. Il a reçu le prix du Conseil national du Chili pour La Mort se lève tôt.
Le Chilien Ramón Díaz Eterovic n'est ni un auteur de science-fiction ni un écrivain d'obédience fantastique. Pourtant, dans chacun de ses romans, deux curieux personnages se partagent la vedette : Heredia et Simenon. Contrairement à ce que ces patronymes pourraient laisser croire, le premier est détective et le second est chat. Mais un chat que sa condition féline n'empêche nullement d'être également philosophe et, suivant son humeur, confident ou conseiller du premier...
L'Obscure Mémoire des armes a pour objet les actions menées par la "commission Funa". Créée en 1999 et composée d'un ensemble d'organisations opposées à la loi d'amnistie, son but était de dénoncer publiquement, par des manifestations sur leur lieu de travail ou de vie, des responsables d'atteintes aux droits de l'homme afin de provoquer leur comparution en justice. Avec l'aide de membres de ce groupe, Heredia démasquera, cachés sous de fausses identités, quelques individus qui exerçaient leurs sinistres talents dans la Villa Grimaldi, à Santiago, l'un des centres de torture sous la dictature de Pinochet...
Héros imparfait, il doute de ses possibilités malgré les encouragements et l'admiration de ses proches, son insaisissable fiancée Griseta et le truculent kiosquier Anselmo. Il sait d'avance que ce qu'il va trouver sera dur à digérer. Dans la langue de Simenon, cela se dit ainsi : "La vie est plus tango que le tango lui-même." Pourtant, en compagnie du tendre Heredia et de son avisé de chat, cette vie-là se fait tout de même plus douce.
Le pire, c'était de n'avoir rien à faire. Ou presque rien car, de temps en temps, je me donnais la peine d'allumer une cigarette, de mettre une autre cassette dans la chaîne stéréo et d'humecter mon index droit pour tourner les pages du livre que je lisais sans cesser d'être attentif aux coups que quelqu'un pourrait frapper à la porte de mon bureau. Parfois, j'essayais aussi de parler avec Simenon et, quand l'ennui me serrait la gorge, je quittais l'appartement et descendais au kiosque d'Anselmo parler des programmes hippiques de la semaine et des meilleurs spécimens que nous avions vu courir au fil des différentes étapes de notre passion pour les chevaux et les paris. Faute de clients, ma principale occupation qui, ajoutée aux gains de mes paris gagnants, me permettait de m'en sortir, consistait à faire le résumé de gros livres ennuyeux consacrés à la politique, à la sociologie, à l'économie et autres sciences occultes prétendant expliquer le comportement erratique de l'homme depuis ses premiers pas sur la terre. Ces comptes rendus finissaient dans le bulletin d'une organisation pompeusement appelée Institut de recherches internationales, et je me moquais bien de savoir si quelqu'un les lisait. Avec un peu de patience, j'étais parvenu à mener à leur terme mes cinquante premières années, un âge trop avancé pour changer de métier dans un pays où le poids des ans pèse comme une condamnation à l'heure de chercher un emploi. Un ancien camarade d'université m'avait trouvé ces comptes rendus à faire. J'étais tranquille mais je ne pouvais pas affirmer que j'étais heureux. La nuit, tandis que je faisais des efforts pour m'endormir, je pensais à mes enquêtes de ces dernières années et un élancement dans un endroit proche du coeur m'obligeait à reconnaître que je regrettais mes vagabondages à travers la ville à la recherche de fragments de vérité, éphémères comme l'éclat des étoiles filantes qui traversaient parfois le ciel sale de Santiago. Une ou deux fois par semaine, j'allais voir Griseta, la femme rencontrée treize ans plus tôt, à l'époque où elle était étudiante et cherchait à se loger pour quelques jours. Depuis lors, beaucoup d'eau était passée sous les ponts. Des moments agréables ou orageux, des séparations et des retrouvailles. Pourtant, malgré les peines et les joies, il me suffisait de la regarder dans les yeux pour savoir que notre histoire avait un sens et nous procurait la petite paix dont nous avions besoin pour poursuivre la pénible tâche d'ajouter un jour à l'autre.
Copyright : lechoixdesbibliothecaires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia