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.. Histoires d'ici et d'ailleurs

Couverture du livre Histoires d'ici et d'ailleurs

Auteur : Luis Sepulveda

Traducteur : Bertille Hausberg

Date de saisie : 24/06/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Métailié, Paris, France

Collection : Bibliothèque hispano-américaine

Prix : 17.00 € / 111.51 F

ISBN : 9782864247784

GENCOD : 9782864247784

Sorti le : 05/05/2011

  • Les présentations des éditeurs : 25/06/2011

En 1990, Luis Sepúlveda revient au Chili après la chute de la dictature, il emporte la photo d'un groupe de cinq enfants prise dans les années 70 dans une banlieue ouvrière. Avec l'auteur de la photo il entreprend de reconstituer ce groupe. Ils retrouvent ceux qui sont maintenant devenus des jeunes gens mais l'un d'eux a disparu. À partir de l'absence, Sepúlveda raconte vingt ans d'histoire.
De Nushiño, le chasseur shuar, aux frères Arancibia, imprimeurs amis des jeunes poètes, en passant par la voix de Katia Olevskaïa, ou la fragilité des héros, vingt-cinq contes, chroniques toujours ironiques et tendres, parfois féroces, nous transportent de l'Amérique latine à l'Europe, ici et ailleurs, dans des situations différentes, des milieux différents, mais les mots de l'auteur nous ramènent toujours sur le même territoire littéraire, celui des vaincus qui refusent d'accepter la défaite. Un territoire que tous les lecteurs de Luis Sepúlveda connaissent et où ils retrouveront quelques-uns des meilleurs moments de son oeuvre littéraire et de son inimitable force narrative, de son talent pour transformer observations et anecdotes en histoires fascinantes. Un recueil qui se place dans la continuité des Roses d'Atacama.

Luis Sepúlveda est né au Chili en 1949 et vit actuellement dans les Asturies, en Espagne, après avoir habité Hambourg et Paris. Il est l'auteur, entre autres, du Vieux qui lisait des romans d'amour, de Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler, des Roses d'Atacama, de La Folie de Pinochet et de L'Ombre de ce que nous avons été. Ses livres sont traduits dans 50 pays.



  • La revue de presse - Le Figaro du 23 juin 2011

Ce recueil de chroniques récentes, de témoignages, de portraits, de contes aurait pu s'appeler «Ébauche d'un autoportrait». Luis Sepulveda, soixante-deux ans, l'homme du Vieux qui lisait des romans d'amour et des Roses d'Atacama, revient, à travers vingt-cinq historiettes, sur ses thèmes de prédilection, qui ont forgé sa vie et son parcours d'écrivain...


  • Les courts extraits de livres : 05/05/2011

Portrait de groupe sur fond d'absence : un reportage

UN : UN JOUR DE 2009. GIJÓN. ASTURIES

Ce reportage a surgi soudain au milieu des cartons de vieux documents, de papiers anonymes, de textes conservés sans savoir pourquoi. Daté de mai 1990, il est écrit dans un gros cahier de fabrication chinoise, acheté peut-être au Speichert d'Hambourg.
Retrouver de vieux textes c'est comme se retrouver soi-même et ces retrouvailles sont toujours émouvantes. Je l'ai lu, j'ai fait tourner la machine de la mémoire, je me suis rappelé qu'il avait été publié un an plus tard dans le Lateinamerika Nachrichten du mois de mai 1991 et que sa première intention était de raconter l'histoire de deux photographies. Mais ces images ont disparu et il ne reste plus que les mots. De vieux mots écrits il y a presque vingt ans.
Je suis heureux de reconnaître que le Chili décrit dans ce reportage a beaucoup changé en bien et en mal : les noms des victimes ont été revendiqués, de nombreux criminels sont en prison, le tyran est mort comme un misérable voleur et ceux à qui le pouvoir a fourni une occasion de s'enrichir y sont parvenus et sont de plus en plus riches.
Mais ces vieux mots gardent leur inaltérable colère.
Au cours de ma vie, j'ai affronté beaucoup de situations qui m'ont longtemps obligé à me taire, le verbe paralysé par une sclérose qui ne connaît d'autre thérapie que la colère ou l'action.
Il y a exactement douze mois, j'ai fait un voyage au Chili après quatorze ans d'exil. Je voulais vivre les derniers jours officiels d'une dictature trop cruelle pour être effacée par une simple cérémonie civique, et les débuts du retour à une démocratie, fruit du désespoir plus que du courage et qui, dans un passé encore récent, avait renversé le tyran. Une démocratie fatiguée dès sa naissance, surveillée, autorisée et liée par un pacte monstrueux : construire l'euphémisme permettant de sauver la face d'un État de délinquants, en acceptant publiquement l'existence des crimes commis mais pas les noms des criminels.
Un curieux accord des forces politiques a défini ce pacte comme étant le "prix de la modernité" et, pour cela, on se réfère à d'autres expériences de transition entre des dictatures et des systèmes démocratiques, comme celle de l'Espagne après la mort de Franco ou de l'Allemagne après la capitulation du Troisième Reich et la dénazification de l'État. Dans ces deux cas on impose l'oubli au nom de la raison d'État mais les pères de cette formule ignorent qu'au Chili nous sommes imbattables dans tous les domaines : dans l'audace et la naïveté, les succès et les erreurs, le talent et la stupidité.
À titre d'exemple, citons la devise de notre blason national "Par la raison ou par la force". Le plus parfait des contresens. Un véritable appel à la barbarie.


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