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Auteur : Marc Alyn
Date de saisie : 20/07/2011
Genre : Poésie
Editeur : Castor astral, Bègles, France
Collection : Poésie
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 9782859208530
GENCOD : 9782859208530
Sorti le : 21/03/2011
Marc ALYN entre en poésie par un coup d'éclat, en 1957, recevant dès l'âge de 20 ans le prix Max Jacob pour Le Temps des autres (Seghers). Critique littéraire et fondateur de la collection «Poésie / Flammarion», il consacre des essais à Gérard de Nerval, François Mauriac, Dylan Thomas, André de Richaud, Norge et Lawrence Durrell. Volontairement éloigné de la vie littéraire, à Uzès, il voyage en Orient, notamment dans le Liban en guerre, et ne revient à Paris qu'en 1987, publiant sa trilogie Les Alphabets du Feu. Par la suite, il élargit et renouvelle son oeuvre, recevant en 2007 le prix Goncourt de la poésie. Cette anthologie personnelle regroupe un large choix de poèmes écrits entre 1956 et 2011.
Philippe SOUPAULT avait décrit à l'avance son parcours, affirmant : «Marc Alyn assume et accepte la destinée douloureuse et prodigieuse, merveilleuse et dangereuse, celle d'être un poète, uniquement un poète.»
«Chaque poème est genèse d'un monde idéal. Nocturne ou solaire, il est rayonnant. L'harmonieuse cadence le guide dans sa quête métaphysique.» Robert SABATIER
Marc Alyn est né en 1937 à Reims. Il entre en poésie par un coup d'éclat, recevant dès l'âge de 20 ans le prix Max Jacob. Par la suite, il a reçu d'autres prestigieuses distinctions dont le prix Guillaume Apollinaire, le prix Henri de Régnier, le Grand Prix de poésie de l'Académie française, le Grand Prix de la Société des gens de lettres et le Prix Goncourt de la poésie en 2007 pour l'ensemble de son oeuvre.
A 17 ans, Marc Alyn crée la revue Terre de Feu. Trois ans plus tard, en 1957, Le Temps des autres (Seghers) lui vaut le prix Max Jacob. Après la guerre d'Algérie, il écrit dans Arts et Spectacles, La Table Ronde et Le Figaro Littéraire. Fondateur de la collection «Poésie / Flammarion», il y révèle notamment Lorand Gaspar, Bernard Noël et Andrée Chedid. Il voyage en Orient, écrit des essais consacrés à Nerval, François Mauriac, Dylan Thomas, André de Richaud, Norge, Lawrence Durrell... Volontairement éloigné de la vie littéraire à Uzès, il ne revient à Paris qu'en 1987, publiant sa trilogie Les Alphabets du Feu (Byblos). Il élargit et renouvelle ensuite son oeuvre (L'État naissant, L'Oeil imaginaire. Le Miel de l'abîme), recevant en 2007 le prix Goncourt de la poésie. En prose, il a donné Le Piéton de Venise, Paris point du jour, Approches de l'art moderne (Bartillat), ainsi qu'un malicieux essai de félinolâtrie, Monsieur le chat (Écriture, prix 30 Millions d'amis, 2009). Il est aujourd'hui membre du jury Apollinaire et de l'Académie Mallarmé. Les éditions Écriture ont publié en 2010 son Anthologie, poétique amoureuse.
Jean Louis Trintignant, Marc Ogeret et Serge Reggiani ont dit ou chanté sur disque les poèmes de Marc Alyn.
Il faut savoir gré à Marc Alyn de n'avoir pas cessé de croire en la possibilité du poème durant les pires années qu'ait traversées la poésie française. Cette anthologie composée par lui-même pourrait ouvrir la voie, on le souhaite, à la réédition de certains de ses livres anciens comme Nuit majeure ou Infini au-delà, que leur inspiration cosmogonique et démiurgique, dans les années 1960-1970, situait résolument à contre-courant.
NÉCESSITÉ DU VERS
La poésie se signale au regard par la discontinuité des lignes et leur coupure brusque avant la marge. Ce caractère est devenu si distinctif qu'à sa simple vue, on pense aussitôt «poème» ou «poésie» bien que ce genre, hormis quelques recherches demeurées éphémères, n'ait rien de visuel. Ces lignes plus ou moins courtes ne sont pas conçues pour parler à l'oeil mais principalement à l'oreille, et l'on oublie trop souvent, même chez les poètes, que la raison d'être du «vers» est de produire un rythme ou de fournir une unité sonore, bref de jouer un rôle original dans l'écriture en tirant de la langue un supplément expressif : une sorte «d'orchestration qui reste verbale» (Mallarmé).
Le lecteur qui entre dans ce livre de Marc Alyn ne peut, justement, qu'être vite frappé par l'importance accordée à la sonorité et au soin donné à sa construction. Dès les poèmes les plus anciens (1956), on est séduit par la souplesse des scansions qui, d'emblée, rendent gracieuses les strophes et entraînent le rythme. Une étrange légèreté vous gagne parce que l'enchaînement des syllabes double heureusement le sens :
J'étais comme ces miroirs
Qui reflètent sans rien voir
Le combat avec la langue qui, bientôt, sera comme un destin, n'est pas encore engagé : une sorte d'innocence gouverne er elle est propice aux bonheurs d'expression. Le mot «cruels» apparaît - peut-être par provocation adolescente - dans le titre du second livre : il ne va pas tarder à résonner sombrement dans l'arrière-pays des divers recueils des prochaines années. Pour l'instant, il inaugure une série de poèmes en prose où se croisent imagination verbale et images insolites ou fantastiques. Ce croisement déclenche de très riches associations tandis que sont expérimentées des tonalités différentes : toute une gamme de variations, de nuances.
Dans le recueil suivant, Délébiles (1962), le vers bénéficie de ces expériences et joue de tous les mètres pour que le mouvement lyrique tisse description et pensée dans un même élan. Le souffle crée l'unité : il ne cesse de prendre de l'ampleur et, dirait-on, module les sujets tantôt épiques, tantôt méditatifs :
Pas à pas, il descend l'échelle solitude
dont les barreaux sont autant de visages.
Toujours la bête en l'homme pèse et choisit le gouffre
et le gouffre respire, humain, sous le frisson.
Cette citation montre assez bien l'accord rythmique qui parcourt le vers à l'égal du sens, et qui porte ce dernier comme une émanation de l'agencement syllabique. La pensée, semble-t-il, s'invente dans le souffle et trouve sa conclusion dans un alexandrin sonore qui scelle son expression.
1) Qui êtes-vous ? !
Dans cette ville où tout se vend, je suis le vent, je suis la marge», autrement dit : le poète, que j'ai défini par ailleurs comme «réparateur de l'être et dépanneur de l'âme.
2) Quel est le thème central de ce livre ?
Comment ce coeur, de taille dérisoire, sut contenir la vie immense.» (page 140).
3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«En route vers les balcons superbes dominant le temps pétrifié - hauts plateaux enchâssés de neiges déchirantes -, le tireur isolé, parvenu à la ligne de partage entre l'être et l'été, s'élevait en danseuse parmi les éboulis et les eaux bondissantes.» (page 289).
4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Du jazz pour les séquences érotiques, Mozart pour le chant du monde, Alban Berg pour préserver le souvenir du passage de l'ange.
5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Il faut tout partager, et d'abord l'émerveillement d'exister qui n'a point de limites. A travers plus d'un demi-siècle d'écriture, j'ai maintenu en pleine incandescence le feu que je rêvais de «brûler» quand j'avais dix-sept ans. «Nous voulons vous donner de vastes et d'étranges domaines», affirmait Apollinaire.
Que le poème, au bout du compte, soit une déclaration d'amour au monde et un merci chuchoté à l'oreille de la vie !
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