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.. Six ans de résidence à Alger : 1806-1812

Couverture du livre Six ans de résidence à Alger : 1806-1812

Auteur : Elizabeth Broughton

Préface : Alain Blondy

Traducteur : Alain Blondy

Date de saisie : 02/06/2011

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Bouchene, Saint-Denis, France

Collection : Bibliothèque d'histoire du Maghreb

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-35676-021-0

GENCOD : 9782356760210

Sorti le : 24/02/2011

  • Les présentations des éditeurs : 05/07/2011

En 1839, Elizabeth Broughton publia à Londres A Six Years Résidence in Algiers 1806-1812 qui connut rapidement un vif succès. Elle était la fille d'Henry Stanyford Blanckley qui avait eu une brillante carrière militaire et avait ensuite été versé dans les consulats, d'abord aux Baléares, puis à Alger. La Régence d'Alger, comme le reste de l'Empire ottoman occidental, connaissait alors des turbulences dues aux réactions de plus en plus violentes des Puissances occidentales contre la guerre de course et l'esclavage des Européens et des Américains. En effet, au discours séculaire stigmatisant les mauvais traitements subis par des chrétiens prisonniers de musulmans, s'était ajouté, depuis les révolutions d'Amérique ou de France, la dénonciation virulente des attaques barbaresques contre des citoyens libres et contre la liberté du commerce. Au début du XIXe siècle, au moment où la Sainte Alliance se met en place, il y a une collusion d'objectifs entre la réaction christianisante du tsar Alexandre et de la plupart des souverains et leur opposition libérale. Alors que dans l'arène politique européenne, les deux courants s'opposent violemment, dès lors qu'il s'agit du monde ottoman, l'union se forme sans que pour autant les arrière-pensées ne soient diamétralement différentes. Ceci valut pour les Régences comme pour la Grèce : alors que le courant christianisant entendait venger 1453 et ses séquelles, le courant libéral entendait libérer l'humanité de régimes politiques incompatibles avec les temps modernes. En publiant les notes qu'avait prises sa mère durant les six ans où Blankley fut en poste à Alger et en y ajoutant les siennes et ses souvenirs de petite jeune fille, Elizabeth Broughton livra un témoignage sans prétentions autres que littéraires, mais qui est un apport essentiel pour la compréhension de cette époque où Français, Américains et Anglais s'en prennent, non sans rivalité entre eux, aux Régences devenues une gêne pour la modernité. Les interventions américaines de 1805 et anglaise de 1816 annonçaient celle de 1830 qui porta un coup fatal à l'Empire ottoman en Afrique.

L'ouvrage d'Elizabeth Broughton, connu des érudits, n'avait jamais été traduit en français. Alain Blondy, professeur à Paris-IV Sorbonne, auteur de nombreux articles et ouvrages sur Malte, Chypre et les Régences, s'est attaché à présenter cet ouvrage au public francophone, comme il l'a fait auparavant pour d'autres ouvrages italiens ou anglo-saxons intéressant cette partie du monde ottoman.


  • Les courts extraits de livres : 05/07/2011

Extrait de la présentation

Le consul Henry Stanyford Blanckley
Elizabeth Broughton était la première fille que le colonel Henry Stanyford Blanckley eut de sa seconde épouse, Mary Richards.
H. Stanyford Blanckley était originaire de Bath où il naquit le 29 septembre 1752. Il était qualifié d'esquire et était veuf et père de quatre enfants lorsqu'il épousa, le 13 mars 1800, à Berks, Mary Richards originaire de cette ville. En effet, de son premier lit, il avait eu deux filles qui, d'après Elizabeth Broughton, s'étaient mariées assez vite et avaient quitté le domicile paternel. Il avait aussi eu deux fils, l'un qui s'appelait comme lui Henry Stanyford Blanckley et qui fit une brillante carrière militaire et l'autre Edward, qui épousa en 1820 (ou en 1819) la nièce de Nelson, Harriet Matcham.
En effet, le père du consul Blanckley et celui de Nelson étaient amis et les relations entre les deux familles ne doivent pas avoir été étrangères à sa carrière. Il commença lui aussi dans l'armée, avec le grade d'enseigne. Lieutenant en 1777, il servit en Amérique durant la plus grande partie de la guerre. En 1780, ayant levé une compagnie à ses frais, il participa au siège de Gibraltar (1779-1783) avec le grade de capitaine et celui de major de brigade dans l'état-major. À la levée du siège (février 1783), il vendit sa compagnie et fut nommé consul aux îles Baléares, charge qu'il occupa 16 ans durant. Ce fut alors qu'il se remaria. Par la suite, il fut nommé consul général à Alger le 26 mai 1806, où il arriva le 9 octobre, à bord du Hydra, après une longue quarantaine à Cagliari et un passage par Méditerranée comme en témoigne cette lettre que lui envoya Nelson : «Cher Monsieur, j'ai reçu votre lettre de Cagliari à mon arrivée dans cette baie et j'envoie le premier transport pour prendre vos bagages et vous transporter à Méditerranée. J'ai reçu vos autres lettres de Mahon du 5 janvier, par et depuis Gibraltar, et celles de Cagliari. Je n'oublierai assurément pas, pour autant que je sois en Méditerranée, le triste sort de la personne dont vous me parlez ; votre longue quarantaine à Cagliari a dû être odieuse. Je suis, cher Monsieur, avec un grand respect, votre très obéissant serviteur, Nelson de Bronte».
Il est bien certain qu'à son époque encore les consuls avaient une bien plus grande marge de manoeuvre que leurs homologues actuels, d'autant que dans les Régences, l'ambassadeur dont ils dépendaient était aussi éloigné que le sultan l'était du dey ou du bey. Mais il y a cependant une spécificité anglaise à ne pas oublier. Les consuls français, longtemps rattachés à la seule Chambre de Commerce de Marseille, étaient restés cantonnés dans une vision presque entièrement économique de leur rôle politique. Leurs collègues anglais semblent avoir eu, à la même époque, l'idée que leur rôle commercial participait au rayonnement de la grandeur britannique et ils se conduisaient donc souvent plus comme des diplomates que comme des consuls.
Il est vrai que Blanckley avait l'exemple voisin de Malte. Alexander Bail qui en était le gouverneur quand il s'installa à Alger, avait été à la fin du XVIIIe siècle l'adjoint de Nelson chargé d'en chasser les Français, puis il s'était autoproclamé le gouverneur des Maltais soulevés avant d'être nommé, au moment de la paix d'Amiens, ambassadeur de Sa Majesté Britannique près l'Ordre restauré, chargé d'ailleurs de veiller à ce que cela ne restât qu'une fiction. Peu après 1803 et la rupture de la paix entre la France et l'Angleterre, il était devenu le gouverneur d'une île désormais colonie de la Couronne. Or Blanckley avait aussi des parents et des amis, installés à Malte pour y commercer.


  • Le courrier des auteurs : 05/07/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Alain Blondy, né à Bordeaux en 1945, professeur à la Sorbonne (Paris IV), spécialiste de l'histoire méditerranéenne à l'époque moderne (principalement Malte, Chypre et empire ottoman occidental).

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit de la vie à Alger quelques années avant la conquête française, à une période charnière où la Régence d'Alger essayait de se rapprocher de la Grande-Bretagne et de s'éloigner de la France, sentant bien que ses activités corsaires allaient lui attirer de graves ennuis.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Du milieu de l'épais entrelacs de guirlandes de pervenches blanches et bleues, surmonté ici où là de l'étendard d'un iris de même couleur, surgissait le pilastre blanc de neige, couronné d'un turban, qui désignait par sa forme qu'ici reposaient les cendres d'un Dey, d'un Aga, d'un Cadi ou d'un Hadgi des jours anciens».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Rule Britannia

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La simplicité de la narration faite par ces deux femmes, mère et fille du consul d'Angleterre, et leur attachement de plus en plus grand à l'Algérie de la fin de la domination ottomane.


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