"En pratique, on ne répond plus à des livres subversifs par des bûchers, mais par d'autres livres et des débats à la télévision. Et les séditieux de l'événement ont, de droit, leur place réservée sur la dernière page de Libération."
L'auteur approfondit ici la réflexion entreprise dans Superstitions. Le renversement de la hiérarchie opéré par la Révolution française a laissé place à une nouvelle puissance asservissant l'homme et le désignant d'emblée comme asservi : le flot d'images, de mythes et de symboles véhiculé par la culture. Une culture qui fait de l'insurrection au pouvoir son leitmotiv. Or, Masci en dénonce l'illusion. La liberté supposée des hommes est aussi infinie qu'elle est vide. L'entertainment crée en effet des situations de perpétuelle attente, entre des événements toujours plus proliférants. Pour lui, il représente une force agissant non plus par le haut mais selon une dissémination horizontale, qui est une autre forme de domination. Ce pouvoir s'exerce insidieusement et menace la réalité des faits. Masci attaque sur un plan philosophique le néant des images fournies par l'entertainment, ce divertissement supposé qui ne fait que créer de la contingence et cultiver le chaos.
"Qui est l'ennemi ? Où se trouve-t-il ?"
Francesco Masci
Francesco Masci est né en 1967 à Pérouse. Il étudie la philosophie en Allemagne et en Italie avant de s'installer à Paris en 1994, et écrit directement en français.
La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 30 mars 2011
Tout n'est donc qu'ordre et beauté, luxe, calme et inanité. Poursuivant la réflexion menée dans son ouvrage précédent, Superstitions (2005), le philosophe italien Francesco Masci (né en 1967) décrypte le grand livre d'images de nos sociétés contemporaines pour pointer la grande illusion selon laquelle la culture serait encore une forme de contre-pouvoir...
Francesco Masci va plus loin que la critique de la fausse culture ou de la culture massifiée, sur lesquelles ironisaient déjà Robert Musil, Paul Valéry et, plus violemment, l'école de Francfort (Adorno, Horkheimer...)
C'est en philosophe qu'il envisage ce qu'il appelle l'«entertainment» (littéralement, le «divertissement») : la déperdition du politique, la dissémination du rôle de l'Etat dans la société laisserait place à une culture fictive, dévorante par son ampleur mais linéaire, où chaque image ne ferait que renvoyer à une autre, entretenant l'utopie d'une différence.