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.. Un garçon singulier

Couverture du livre Un garçon singulier

Auteur : Philippe Grimbert

Date de saisie : 12/07/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-246-78496-8

GENCOD : 9782246784968

Sorti le : 02/03/2011

C'est un livre touchant et juste sur le thème de l'autisme. Une mère dépassée, par son garçon autiste, va confier sa garde à un jeune homme. Ce dernier a arrêté ses études et cherche un petit boulot en attendant de trouver sa voie, alors il répond simplement à l'annonce suivante : "Recherche jeune homme motivé pour s'occuper d'un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados)."
Il se trouve que le jeune homme revient sur le lieu de vacances de son enfance, et que rejaillissent les souvenir.
Les deux garçons vont nouer une relation intense et singulière. La rencontre de ces deux êtres, un peu perdus et particuliers, se fait tout en délicatesse.
En parallèle, la mère va bousculer le jeune homme, accueilli chez elle pour s'occuper de son fils, et le pousser dans ses retranchements, vers un terrain glissant...
On est très vite happé par la justesse des mots et la qualité de l'écriture. Philippe Grimbert ne tombe jamais dans le psychodrame. Il laisse se dérouler l'histoire, et nous en sommes les spectateurs.
Loin de nous faire pleurer, ce livre nous berce et nous questionne.


  • Les présentations des éditeurs : 12/07/2011

«Maintenant que j'ai appris à le connaître, je l'aime et il m'effraie tout à la fois. Lui et sa mère vont trop loin, mais tous deux ont eu raison de mes résistances...»
Une simple annonce sur les murs de la faculté a sorti Louis de sa léthargie pour le précipiter sur la plage de son enfance à la rencontre d'une mère et de son fils, deux êtres hors du commun qui vont bouleverser sa vie et l'amener à affronter ce qui dormait au plus profond de lui-même.

Philippe Grimbert est psychanalyste. Il a précédemment publié trois essais : Psychanalyse de la chanson, Pas de fumée sans Freud et Chantons sous la psy, et, chez Grasset, trois romans : La Petite robe de Paul (2001), Un Secret (2007) et La Mauvaise rencontre (2009).



  • La revue de presse Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 17 mars 2011

Sobriété, efficacité. Puisque le romanesque n'aime rien tant que les rencontres gouvernées par le hasard, autant mettre tout de suite les pieds dans le plat. C'est à peu près ce qu'a dû se dire Philippe Grimbert, en rédigeant les premières lignes de son livre. C'est une petite annonce : «Recherche jeune homme motivé pour s'occuper d'un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados).» Et tant pis si Horville n'existe pas, comme son nom tend à l'indiquer au lecteur méfiant. L'essentiel, ici, est qu'on vous raconte une histoire. D'ailleurs, vous y êtes déjà. Les phrases sont courtes. Tout semble à la fois très familier et un peu étrange - comme la côte de Nacre hors saison, comme cette année 1970 où se déroule le roman. Il n'y a plus qu'à tourner les pages.


  • La revue de presse Françoise Dargent - Le Figaro du 31 mars 2011

L'homme affiche sa sûreté. Il maîtrise la conduite du roman imbriquant passé et présent. Ses précédents livres traitaient de secrets enfouis et d'amitiés gâchées, sujets chers à un auteur qui sonde la conscience de ses personnages. Celui-ci ne déroge pas à la règle...
Philippe Grimbert effleure sans vraiment l'imposer le thème des attractions équivoques. Fort de son expérience auprès des autistes, il en profite pour brosser avec justesse et délicatesse le portrait d'un adolescent différent.


  • La revue de presse François Busnel - Lire, mai 2011

Depuis longtemps, Philippe Grimbert travaille l'art délicat de jouer avec les secrets de famille. Plus ils sont lourds, mieux il se porte. Son nouveau roman explique bien des choses, tant sur son parcours personnel que sur la façon dont nous vivons ce que nous appelons pudiquement "la différence". Iannis est un de ces enfants "différents". Un garçon "singulier", dira son père au narrateur, Louis, lorsque ce dernier se rendra à l'entretien d'embauche qui décidera de sa vie. Iannis est autiste, mais c'est un mot que l'on ne prononce pas dans la France provinciale de 1970. Que Mai 68 n'ait pas fait voler en éclats toutes les barrières, les films de Chabrol nous l'avaient appris.


  • Les courts extraits de livres : 12/07/2011

Recherche jeune homme motivé pour s'occuper d'un adolescent singulier en séjour avec sa mère à Horville (Calvados).

Pour la première fois, une annonce m'accrochait. Aucune jusqu'à ce jour n'avait retenu mon attention : j'étais trop peu sociable pour proposer des activités aux enfants d'une colonie de vacances, trop timide pour plaisanter avec les clients d'une pizzeria. Trois années d'université venaient de s'écouler sans que je parvienne à me décider pour une orientation. Mon père avait menacé de me couper les vivres si je ne choisissais pas une filière qui offrait de véritables débouchés, aussi j'avais renoncé aux Lettres pour me diriger vers le Droit. Cette année, je m'apprêtais à abandonner, une fois de plus ; je savais que je n'irais pas jusqu'aux examens d'une discipline à laquelle je n'arrivais pas à m'intéresser. Et je n'avais noué aucune relation amicale, encore moins amoureuse.
Début soixante-dix, un parfum de liberté flottait dans les couloirs de la faculté. Les slogans et les mots d'ordre de l'époque, en grandes lettres rouges et noires, en éclaboussaient les murs et il eût été sacrilège de songer à les faire disparaître. On avait ébouriffé les cheveux, desserré les cravates et bousculé les interdits, mais ceux que je portais en moi étaient intacts : mai soixante-huit n'avait pas fait tomber mes inhibitions.
J'étais cependant conscient que je devais trouver une occupation, aussi, chaque fois que je passais devant le panneau du hall, j'y laissais traîner mon regard.
Sur l'annonce rédigée à la main deux mots m'attirèrent.
Quand ils ne m'appelaient pas le grand taciturne, mes parents, comme l'auteur de l'annonce, disaient de moi que j'étais un garçon singulier. Ma tendance à la solitude les inquiétait : enfant, je ne me mêlais pas aux jeux des autres et à l'adolescence, je préférais la compagnie de mes auteurs favoris à toute autre. Plus tard, rien n'avait vraiment changé et je ne me sentais pas davantage en harmonie avec ceux de ma génération.


  • Le courrier des auteurs : 25/06/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un auteur qui ; lorsqu'il n'écrit pas, passe beaucoup de son temps à écouter la souffrance de ses semblables, allongés sur un divan...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La richesse de la rencontre avec la différence absolue

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Ce que nous croyons découvrir nous l'avons toujours su."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une gymnopédie d'Eric Satie égrenée par un piano sur une plage normande hors-saison

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon trouble, mon émotion et l'idée que notre enfance vit toujours au plus profond de nous.


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