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.. Déjà l'automne

Couverture du livre Déjà l'automne

Auteur : Astrid Eliard

Date de saisie : 16/03/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Bleue

Prix : 15.80 € / 103.64 F

ISBN : 9782715231382

GENCOD : 9782715231382

Sorti le : 06/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 20/04/2011

Éva se demandait souvent ce qu'elle avait fait de sa vie jusqu'à ses quarante ans. Selon elle, ils lui étaient tombés dessus avant qu'elle atteigne réellement cet âge. Qu'avait-elle fait tout au long de ces quarante années ? Que n'avait-elle pas fait ? À vingt ans, elle était, disons, pulpeuse. À l'époque, ses cheveux lui descendaient jusque dans le dos, c'étaient des cascades rousses, entortillées, des cheveux d'Ève au jardin d'Éden, des cheveux de Vénus sortant du bain, aussi exubérants que ses formes...

Invités à la campagne par un acteur riche et célèbre, Éva et Michel s'apprêtent à passer un week-end de rêve. Mais rien ne se déroule comme prévu : il tombe des trombes d'eau, la maison au fond des bois est vétusté, et le tête-à-tête avec leur hôte oppressant. Toutes ces contrariétés et l'atmosphère étrange des lieux réveillent chez Éva un malaise diffus et font ressurgir de douloureux souvenirs. À quarante ans, devenue l'épouse modèle d'un chirurgien esthétique, elle se pose des questions sur son couple et sur sa vie...

Astrid Éliard est journaliste. Elle est l'auteur d'un recueil de nouvelles, Nuits de noces, Grand Prix SCDL de la nouvelle.


  • Les courts extraits de livres : 20/04/2011

Michel avait honte d'arriver en Mégane. Il avait l'impression de se présenter en jean à une soirée où les invités auraient décidé, à la dernière minute, sur un coup de tête, d'enfiler un smoking. Il se répétait souvent que les voitures chères n'étaient pas faites pour les hommes comme lui : il était respecté dans son métier, marié à une jolie femme... Conduire une Mégane signifiait qu'il avait réussi sa vie, et méprisait les signes extérieurs de succès, qui ne sont bons qu'à rassurer les faibles... et il n'était pas faible ? Non, il n'était pas faible. Mais ce soir-là, l'idée de garer sa voiture à côté d'une Jaguar ou d'une Porsche - il n'imaginait pas d'autre compagnie - le rendait anxieux. Il avait les moyens d'une belle voiture, ce n'était pas la question, mais pourquoi une Mégane ? Pour un chirurgien comme lui ? Pourquoi pas une berline modeste, sobre, pas trop bavarde ni prétentieuse ? Une Mégane... ça fait le type qui n'a pas d'idée, et aucun goût. Une Smart aurait fait meilleure figure. Une Smart, c'est «sympa». Heureusement, il faisait nuit. On ne verrait rien. Pas la carrosserie cabossée au-dessus du pare-chocs, ni la couleur indéterminée du velours des banquettes : un violet contrarié, auquel on aurait crié : accouche ! et qui aurait donné un mélange hypocrite de teintes froides, qui évoquent les poches sous les yeux ou un jaune d'oeuf en train de pourrir. Oui, la nuit cachait tout cela. Mais demain ?
Les premières notes du Gloria de Vivaldi retentirent, cordes et trompette dehors, dans l'habitacle. Éva émit un soupir exaspéré :
- Toi, ça va, on t'a déjà écouté trois fois.
Elle précipita son index sur l'autoradio, et comme elle ne trouvait pas le bouton «stop», elle tapa un grand coup sur la machine, du plat de la main.


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