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.. L'autre fille

Couverture du livre L'autre fille

Auteur : Annie Ernaux

Date de saisie : 04/06/2011

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : NIL, Paris, France

Collection : Les affranchis

Prix : 7.00 €

ISBN : 9782841115396

GENCOD : 9782841115396

Sorti le : 03/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 27/04/2011

«Car il a bien fallu que je me débrouille avec cette mystérieuse incohérence : toi la bonne fille, la petite sainte, tu n'as pas été sauvée, moi le démon j'étais vivante. Plus que vivante, miraculée. Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée.»

Yvetot, un dimanche d'août 1950. Annie a dix ans, elle joue dehors, au soleil, sur le chemin caillouteux de la rue de l'École. Sa mère sort de l'épicerie pour discuter avec une cliente, à quelques mètres d'elle. La conversation des deux femmes est parfaitement audible et les bribes d'une confidence inouïe se gravent à jamais dans la mémoire d'Annie. Avant sa naissance, ses parents avaient eu une autre fille. Elle est morte à l'âge de six ans de la diphtérie. Plus jamais Annie n'entendra un mot de la bouche de ses parents sur cette soeur inconnue. Elle ne leur posera jamais non plus une seule question.
Mais même le silence contribue à forger un récit qui donne des contours à cette petite fille morte. Car forcément, elle joue un rôle dans l'identité de l'auteur. Les quelques mots, terribles, prononcés par la mère ; des photographies, une tombe, des objets, des murmures, un livret de famille : ainsi se construit, dans le réel et dans l'imaginaire, la fiction de cette " aînée " pour celle à qui l'on ne dit rien. Reste à savoir si la seconde fille, Annie, est autorisée à devenir ce qu'elle devient par la mort de la première. Le premier trio familial n'a disparu que pour se reformer à l'identique, l'histoire et les enfances se répètent de manière saisissante, mais une distance infranchissable sépare ces deux filles. C'est en évaluant très exactement cette distance que l'auteur trouve le sens du mystère qui lui a été confié un dimanche de ses dix ans.

Depuis Les Armoires vides (1974) jusqu'aux Années (2008), en une quinzaine de livres, Annie Ernaux est devenue l'un de nos meilleurs écrivains.
La recherche formelle dont témoignent ses textes, par la voie d'une méthode sans cesse inédite et repensée, a définitivement bouleversé le champ de l'écriture autobiographique. Fille unique d'un couple d'ouvriers devenus commerçants, elle passe son enfance à Yvetot, dans l'épicerie-café que tiennent ses parents, avant de faire ses études à Rouen et de devenir institutrice, puis agrégée de lettres. C'est tout particulièrement sa jeunesse en Normandie qui lui fournit le sujet ou le cadre de ses textes (La Place, La Honte, Ce qu'ils disent ou rien, L'Événement, Les Années).
À la suite de Nathalie Sarraute (Enfance), Michel Leiris (L'Age d'homme) ou Georges Perec (W ou le Souvenir d'enfance), elle révèle la trame du récit et la fiction intrinsèques au matériel autobiographique. A partir d'une parole, d'une photographie ou d'une émotion, elle impose la forme nécessaire à son récit. Le milieu ouvrier et paysan dont elle est issue l'a souvent conduite à un travail linguistique et culturel qui tient de l'anthropologie, mais la fluidité de son style et les sujets qu'elle aborde (le rapport au père, à la mère, au corps, la passion amoureuse) ne l'ont jamais privée d'un lectorat très large.
Comme tous les grands écrivains, Annie Ernaux a donc réussi à imposer une écriture d'une exigence implacable sans jamais cesser d'être populaire.



  • La revue de presse Eric Loret - Libération du 2 juin 2011

En lisant l'Autre Fille, on se prend à tâter son propre âge. Le genre est celui de la littérature de la perte, du manque, genre dont on a cru, à l'époque de Blanchot et Duras, qu'il était la littérature elle-même. Et le récit d'Ernaux est de ceux qu'on entendait plus souvent au siècle dernier qu'aujourd'hui. Jusqu'à un temps historique récent, la vie de toute famille était en partie tissée des morts qui la constituaient (on mourait d'ailleurs plus facilement chez soi qu'à l'hôpital) et de secrets. On avait perdu un oncle à la guerre, un enfant dans une épidémie ou une fausse-couche, on cachait l'adultère de la grand-mère, on était la fille de celle qu'on croyait sa tante et autres métonymies...
Le projet de tout art, du coup, devient assez vite de trouver un équilibre entre cette usure du réel (tous les morts lui sont passés dessus) et notre usage personnel qui vaut quand même quelque chose, qui n'est pas anéanti d'être la répétition de l'usage de tous : notre rapport esthétique au monde reste unique...


  • La revue de presse Evelyne Bloch-Dano - le Magazine Littéraire, avril 2011

Dans cet entrelacs de souvenirs, d'images, de mots, une fois encore, Annie Ernaux la rencontre, «elle». Elle ? À peine nommée, désignée la plupart du temps par le pronom personnel, sa mère, toujours au centre. Et si tout le reste n'était qu'un prétexte, et le vrai sujet, «l'autre femme» ? Sa mère, qui fut aussi celle de sa soeur, mais alors plus jeune, plus insouciante, encore portée par l'espoir des lendemains qui chantent. Impossible d'employer la première personne du pluriel, «notre». C'est elle, la mère, la détentrice du récit de la petite morte, elle «la profératrice du jugement, avec qui le combat n'a jamais cessé, sauf à la fin». «Entre elle et moi», ajoute la narratrice, «c'est une question de mots». Et qu'y a-t-il de plus essentiel pour Annie Ernaux que les mots, ce travail de précision, de ciselage, de limage et d'élimage jusqu'à la plus parfaite adéquation entre l'idée et la phrase ? Écrire pour substituer l'exactitude du récit au flou du vécu, creuser l'absence pour faire jaillir la présence, écrire à une morte pour s'adresser aux vivants, «écarter des voilages qui se multiplient sans arrêt dans un corridor sans fin» ?


  • La revue de presse Corine Renou-Nativel - La Croix du 6 avril 2011

Dans ce récit court et intense, parfois dérangeant, Annie Ernaux ne s'autorise aucune complaisance, ne dissimule rien des sentiments troubles qui l'habitent, évalue avec intelligence et finesse l'étendue des séismes intérieurs. Loin d'une tendresse pour l'absente (dont elle tente pourtant une «résurrection»), elle exprime le malaise face à cette «soeur» dont le prénom ne survient qu'aux deux tiers, révélé par une cousine et cité avec gêne. «Il me semblait vieux, quasi ridicule à l'adolescence. Aucune fille de l'école ne le portait. Encore maintenant, j'éprouve un malaise, une vague répugnance à l'entendre. Je le dis rarement. Comme s'il m'était interdit.» Avant de l'écrire entre deux points. Sans adjectif, ni possessif. Dans un style sobre, austère et d'une grande élégance, elle cerne les contours de l'absence et la distance infranchissable entre elle et cette aînée couchée sous terre tout près des parents.


  • La revue de presse Nathalie Crom - L'Humanité du 31 mars 2011

Ni exercice de deuil ni livre de chagrin, L'Autre Fille scrute de près, loin de toute facilité, de tout cliché, la singularité du lien qui unit à distance Annie Ernaux et cette enfant étrangère. Un lien tissé d'amour, de secret, de regret, d'absence.


  • La revue de presse Bernard Desportes - Le Nouvel Observateur du 3 mars 2011

La force de cette écriture c'est sa densité. Des phrases courtes et dépouillées, mises à nues, à vif - mais pas seulement, car ce qui d'abord les a fait naître est la persistance d'un abîme. Les phrases sont construites autour d'une absence comme autour de la face invisible de soi, et ce vide a l'attraction d'un gouffre : celui où se pense ce que la pensée au grand jour ne peut penser sans se mettre en perdition. Une fois écrits les mots semblent irrémédiables...
En grande romancière (me pardonnera-t-elle ce qualificatif qu'elle n'apprécie pas forcément !) Annie Ernaux, à travers l'être (elle ou un autre) qu'à chaque livre elle recrée par et dans ses mots, se réinvente dans une écriture qui en interrogeant sous tant d'angles différents celle qu'elle est au monde nous interroge de façon incisive et sur nous-mêmes et sur celui-ci.


  • La revue de presse Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche du 6 mars 2011

Ses parents lui avaient caché l'existence de cette soeur aînée. Pour ne pas l'"attrister". Plus compliqué que ça. C'est pour entrer dans les raisons obscures de ce silence, pour s'interroger sur les conséquences que cette révélation a eues sur elle-même qu'Annie Ernaux a écrit une lettre à la "plus gentille", à l'invisible, à l'adorée, à la regrettée. Sans la mort de laquelle elle n'existerait pas, parce que, au moins pour des raisons économiques, ses parents ne voulaient avoir qu'un enfant. "Il fallait que tu meures, que tu sois sacrifiée pour que je vienne au monde."...
L'Autre Fille est un petit livre tourmenté, terrible. Parce qu'on a du mal à imaginer combien ça peut être dur, des caboches refermées sur une tragédie intime, et combien ça peut être en même temps fragile et forte, une adolescente qui découvre qu'elle n'éprouve pour l'absente ni haine ni tendresse, aucun sentiment. "Ou alors, peut-être, une peur obscure. Que tu te venges."


  • Les courts extraits de livres : 27/04/2011

C'est une photo de couleur sépia, ovale, collée sur le carton jauni d'un livret, elle montre un bébé juché de trois quarts sur des coussins festonnés, superposés. Il est revêtu d'une chemise brodée, à une seule bride, large, sur laquelle s'attache un gros noeud un peu en arrière de l'épaule, comme une grosse fleur ou les ailes d'un papillon géant. Un bébé tout en longueur, peu charnu, dont les jambes écartées avancent, tendues jusqu'au rebord de la table. Sous ses cheveux bruns ramenés en rouleau sur son front bombé, il écarquille les yeux avec une intensité presque dévorante. Ses bras ouverts à la manière d'un poupard semblent s'agiter. On dirait qu'il va bondir. Au-dessous de la photo, la signature du photographe - M. Ridel, Lillebonne - dont les initiales entrelacées ornent aussi le coin supérieur gauche de la couverture, très salie, aux feuillets à moitié détachés l'un de l'autre.
Quand j'étais petite, je croyais - on avait dû me le dire - que c'était moi. Ce n'est pas moi, c'est toi.
Il y avait pourtant une autre photo de moi, prise chez le même photographe, sur la même table, les cheveux bruns pareillement en rouleau, mais j'apparaissais dodue, avec des yeux enfoncés dans une bouille ronde, une main entre les cuisses. Je ne me souviens pas avoir été intriguée alors par la différence, patente, entre les deux photos.

Aux alentours de la Toussaint je vais au cimetière d'Yvetot fleurir les deux tombes. Celle des parents et la tienne. D'une année sur l'autre j'oublie l'emplacement mais je me repère à la croix haute et très blanche, visible depuis l'allée centrale, qui surmonte ta tombe, juste à côté de la leur. Je dépose sur chacune un chrysanthème de couleur différente, quelquefois sur la tienne une bruyère, dont j'enfonce le pot dans le gravier de la jardinière creusée exprès, au pied de la dalle.


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