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.. Le chat

Couverture du livre Le chat

Auteur : Jean Pruvost

Préface : Philippe Geluck

Date de saisie : 11/03/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Honoré Champion, Paris, France

Collection : Champion les mots

Prix : 9.90 € / 64.94 F

ISBN : 9782745322012

GENCOD : 9782745322012

Sorti le : 03/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 11/03/2011

LE CHAT «L'idéal du calme est dans un chat assis», s'exclame Jules Renard, s'émerveillant aussi de «la vitalité du chat qui a l'air si paresseux». Hélas, après avoir été célébré en Égypte, le chat a souvent été martyrisé en Europe. On se complaisait encore sous Louis XV à citer Ambroise Paré soutenant que le chat était «animal venimeux qui infecte par son haleine, & sa cervelle.» Et même si c'est enfin contesté, on lit toujours dans l'Encyclopédie que «la tête de chat noir réduite en cendre» soigne les yeux, tout comme sa «fiente» étalée sur le crâne guérit de la calvitie ! Le chat de Mahomet et celui de Larousse sont alors bien heureux... Ainsi que celui de Philippe Geluck qui, en préfaçant cet ouvrage, signale que «né au milieu des dictionnaires», «ça faisait trois décennies qu'il attendait ça».
L'histoire des jugements sur le chat passe aussi par les mots disparus (miaudement, chaton belon, mitou, chat-pard...) et force expressions, aller an trépassement d'un chai, entendre bien le chat sans dire minon, sans oublier le fait prometteur de laisser aller le chat au fromage... Enfin, un chat-pitre (Siné) est consacré au chat dans la BD. Un chat qui nous enchante. À propos aimez-vous vous catonner ? Réponse en consultant l'index !

Jean Pruvost, professeur à l'Université de Cergy-Pontoise, se passionne pour l'histoire des dictionnaires. Prix international de linguistique (Logos) en 2000, Prix de l'Académie française en 2007, chroniqueur de langue sur Canal Académie et Directeur éditorial des éditions Honoré Champion, il aime à faire partager l'ivresse qu'il ressent au contact de sa collection de dictionnaires, plus de dix mille...

LA COLLECTION CHAMPION LES MOTS dirigée par Jean Pruvost offre un voyage totalement inédit au coeur des mots, à travers les dictionnaires du XVIe siècle à aujourd'hui, voyage propre à surprendre et enchanter celles et ceux qui veulent découvrir ou approfondir le thème présenté.

Déjà parus : Le vin, Le loup, La mère, Le citoyen, Le mariage.


  • Les courts extraits de livres : 11/03/2011

Extrait de la préface de Philippe Geluck

Sans déconner, ça faisait près de trois décennies que j'attendais ça. Et pourtant je suis né au milieu des dictionnaires. Mon père, chaque fois que nous nous posions une question, hésitions sur le sens d'un mot, demandions qui était ce bonhomme à grosses moustaches, s'élançait vers la bibliothèque et en revenait les bras chargés de volumes encyclopédiques d'où il faisait jaillir la lumière, tel un prestidigitateur le lapin de son chapeau. Je ne suis pas né dans un chou mais dans les dictionnaires.
Chaque étape de ma vie en fut jalonnée. Les premiers mots que j'ai balbutiés, c'est dans un Larousse que je les ai trouvés. «Maman», «pipi», «caca», même «areuh», j'en avais vérifié l'étymologie avant de les énoncer. Le dictionnaire est la pierre angulaire de ma vie. Je n'ai jamais rien fait ni rien dit sans l'avoir éprouvé dans au moins trois encyclopédies.
Lorsqu'à six ans, mes parents m'ont annoncé que je rentrerais à l'école en septembre, j'ai aussitôt vérifié qu'il s'agissait bien d'un «établissement permettant d'accueillir des individus appelés écoliers afin de leur dispenser un enseignement de façon collective», avant de dire oui. Quand ma mère nous préparait des macaronis, je me ruais sur un lexique italien-français m'indiquant que ce que j'allais manger n'était autre que ce que nous appelons également macaroni dans notre langue. Plus tard, c'est dans le Larousse illustré que j'ai pu vérifier que ce qui me passionnait dans l'exploration du corsage de mes copines d'école était bien la douceur de leur «région ventrale supérieure du torse des mammifères qui englobent l'espèce humaine».
Jamais sans mon dictionnaire, telle est la devise de toute ma vie. Je dois avouer que cela n'a pas toujours facilité mes déplacements de me trimballer avec l'Encyclopedia Britannica, surtout sur la plage. Et aussi dans les aéroports, question supplément de bagage. Même si je pouvais vérifier sur place l'orthographe exacte de «carte d'embarquement», «check-in» ou «scanner». Toute une adolescence à pousser une brouette chargée du savoir universel, il y a sûrement plus commode pour courir après les filles. Même les moches à lunettes, je n'arrivais pas à les rattraper. Elles passaient pour des intellos, mais elles ne devaient pas être si malignes que ça pour snober un beau garçon comme moi arborant son érudition comme une flamberge.


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