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.. La complainte du paresseux

Couverture du livre La complainte du paresseux

Auteur : Sam Savage

Traducteur : Céline Leroy

Date de saisie : 10/04/2011

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Actes Sud, Arles, France

Prix : 19.80 € / 129.88 F

ISBN : 9782742796397

GENCOD : 9782742796397

Sorti le : 02/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 19/04/2011

LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS

Seul contre tous, dans une misère galopante, Andrew Whittaker tente de maintenir à flot Mousse, exigeante et néanmoins minable revue littéraire défricheuse de talents dont il est le fondateur, le rédacteur en chef et, probablement, l'unique lecteur, tout en gérant les avanies locatives d'un petit immeuble de rapport. Nous sommes au fin fond de l'Amérique des années 1970, sous le règne de "la clique de Nixon", et il n'est pas aisé d'accoucher l'avant-garde créative d'un pays qui patauge dans ses conservatismes tout en réglant des problèmes de plomberie, de locataires "de basse qualité" et en affrontant les médisances d'un environnement provincial petit-bourgeois.
On entre dans l'intimité d'Andrew - irrésistible odieux personnage, raté rageur à la mélancolie féroce et toxique, à l'humour proprement redoutable et à la philosophie questionnable - à travers son abondante correspondance qui, incidemment, constitue ses oeuvres complètes, car on y découvre aussi les ébauches, projets et autres acharnements romanesques de notre antihéros, écrivain contrarié, on l'aura deviné.
Baigné de l'ombre tutélaire de Fernando Pessoa, ce mano a mano de Whittaker avec des rêves et des aspirations mal ajustés est un autoportrait kaléidoscopique où l'on retrouve les thèmes de prédilection de l'auteur de Firmin : la solitude, la déchéance, ici visitée dans ses moindres recoins, et la noire ironie du sort des hommes, mais aussi son talent singulier pour faire surgir le rire des situations les plus sombres, des blessures les plus douloureuses, des obsessions les plus incongrues.

Sam Savage est l'auteur du phénoménal Firmin (Actes Sud, 2009 ; Babel n° 1016). La Complainte du paresseux est son deuxième roman.



  • La revue de presse André Clavel - Lire, avril 2011

Après le rat de bibliothèque Firmin, Sam Savage récidive avec le portrait d'un éternel râleur. Délicieux...
La complainte du paresseux est un hommage compatissant aux bras cassés de la littérature : un régal de drôlerie fenouillarde où Savage prouve qu'il a la dent aussi acérée que Firmin, le rat bibliophile qui a fait son succès.


  • Les courts extraits de livres : 04/03/2011

Cher Monsieur Fontini,
À titre indicatif. Je viens de recevoir la facture du plâtrier suite à la réfection du plafond de la cuisine. Vous n'ignorez pas que cela représentait une belle surface, plus belle, même, que ce que la plupart des gens ont la chance d'avoir au-dessus de la tête dans leur salon. En outre, cet incident est le second du genre, ce qui m'empêche doublement d'assumer seul les frais de remise en état. La source de mes revenus n'est pas intarissable - beaucoup de gens pourraient vous le confirmer. En clair, je ne puis me permettre de payer plus de trois cents dollars de ma poche. Vous trouverez ci-joint la copie de la facture. Je vous prierai de la payer en même temps que votre prochain loyer.
Veuillez agréer mes sincères salutations,

Andrew Whittaker,
entreprise Whittaker.

Chère Julie,
Le montant du chèque est moins élevé que prévu et je n'y peux rien. Quoi que disent les papiers de la séparation, tu sais comme moi que l'immobilier n'est pas "rémunérateur". La moitié de mes biens représentaient déjà un gouffre financier voire pire au moment de ton départ. Mais à présent ils croulent sous tant d'hypothèques et sont si délabrés qu'ils maintiennent tout juste à flot mon frêle esquif assailli de toutes parts par un océan de merde, aussi frêle et délesté du superflu soit-il. 0e veux dire que l'esquif est frêle, l'océan de merde, lui, s'étend à perte de vue.)
"Délabrés" signifie qu'ils tombent en ruine. La semaine dernière, Mme Crumb a fait tomber la fenêtre de sa chambre dans la rue en essayant de l'ouvrir. Elle va devoir se contenter d'un film plastique, ce qui m'a forcé à baisser son loyer de vingt dollars. Des appartements se libèrent tous les mois ; l'hémorragie est impossible à juguler. J'en ai deux vacants sur Airport Drive malgré tous les travaux que j'ai effectués et les annonces que je passe sans arrêt. Il fait trente-six degrés dehors et je n'ose pas mettre en route l'air conditionné. L'argent que je t'envoie, je l'ai siphonné - je crois que le terme juridique est "détourné" - de la Provision pour les Réparations et l'Entretien. Tu sais parfaitement que grappiller de ce côté-ci ne fera que réduire les revenus plus tard. Je t'invite à bien y réfléchir. Si Todd Fender m'appelle, je raccrocherai.
Ils ont coupé le grand orme du trottoir d'en face. C'était le dernier du quartier. Après le départ des élagueurs, j'ai été me percher sur l'énorme souche blanche et j'ai regardé notre maison de l'autre côté de la rue qui, sans la protection de l'ombre, est désormais à la merci d'un soleil de plomb. Sa banalité m'a frappé.
(...)


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