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.. Journal de guerre d'un juge militaire allemand : 1944-1945

Couverture du livre Journal de guerre d'un juge militaire allemand : 1944-1945

Auteur : Werner Otto Müller-Hill

Date de saisie : 01/05/2011

Genre : Documents Essais d'actualité

Editeur : Michalon, Paris, France

Collection : 10 questions + 1

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 9782841865628

GENCOD : 9782841865628

Sorti le : 03/03/2011

  • Les présentations des éditeurs : 25/02/2011

Werner Otto Müller-Hill est, à n'en pas douter, un personnage très marquant. Né en 1885 et mort en 1977, benjamin d'une famille de Fribourg, il se définit comme un «bon Allemand» ; mais aussi antinazi qu'antibolchevique, il dénonce le funeste pacte germano-soviétique comme une erreur tragique. Exerçant à Strasbourg à la fin de la guerre, dans la position difficile d'un juriste légaliste tenu à la réserve et à la prudence, il tient, entre 1944 et 1945, un journal qu'il dissimulera soigneusement et que son fils Benno ne découvre qu'à sa mort.

Il y consigne avec précision événements et réflexions, notamment au sujet de la crédulité du peuple allemand, berné par les discours officiels des nazis. Malgré ses origines bourgeoises - il décrit son enfance privilégiée dans Souvenances, en fin de volume - Werner s'affirme comme profondément démocrate. À plusieurs reprises, il dénonce l'extermination des juifs par les nazis et parle de la «solution finale» comme d'une «abomination antihéroïque, antimilitaire et absolument antiallemande». Ses convictions personnelles et son éthique le poussent naturellement à considérer Hitler comme un malade mental. Toutefois, il déplore que son opinion ne soit pas partagée par tous ceux de sa classe.

Enfin, ces notes sont aussi des écrits intimes, où il livre ses doutes et ses angoisses. Werner n'est pas seulement un juge intègre, il est également un père et un mari qui s'inquiète pour l'avenir des siens.

Ce journal nous plonge dans ce que Werner nomme, justement, le «crépuscule des dieux». La stupidité et l'horreur de toute guerre ressortent ici pleinement, et la publication de ce texte inédit, soixante-cinq ans après sa rédaction, est une pièce importante à ajouter au dossier du grand conflit mondial.

Jean-Paul Colin

Werner Otto Müller-Hill est né en 1885 à Fribourg. Avocat, il est nommé juge militaire dans un corps d'armée qui officie à Strasbourg. Son Journal de guerre a été traduit de l'allemand et annoté par Jean-Paul Colin, professeur honoraire à l'Université de Franche-Comté. Cet écrit a bénéficié de l'aide précieuse de Benno Müller-Hill, fils de l'auteur, qui a préfacé cette traduction et a tapé le manuscrit de son père.



  • La revue de presse Laurent Lemire - Le Nouvel Observateur du 21 avril 2011

Il est terrible, ce «Journal de guerre d'un juge militaire allemand». Terrible, parce qu'il renvoie les autres pays, la France et l'Angleterre en tête, à leur responsabilité, à leur attentisme, à leur peur d'en découdre à l'égard d'un régime brutal et raciste qu'ils ont laissé s'installer et dont ils savaient la nocivité. D'où ces lignes écrites par Werner Otto Müller-Hill le 30 mars 1944 : «Hâtez-vous donc de nous envahir, démocraties occidentales, si vous voulez sauver l'Europe !»


  • Les courts extraits de livres : 25/02/2011

Avant-propos de Benno Müller-Hill

Mon père est né en 1885 à Fribourg-en-Brisgau, benjamin d'une famille bourgeoise d'intellectuels. Il étudia le droit et commença une carrière d'avocat, interrompue par la Première Guerre mondiale, durant laquelle il servit comme juge militaire en Roumanie puis en Géorgie. Il était élégant, aimable, doux et impartial, mais se révéla là-bas totalement incompréhensible et incorruptible. En Roumanie, une dame élégante - dont il refusa la fille - le baptisa «Le Candide», d'après le héros du conte de Voltaire. Le surnom lui resta au tribunal lorsque, à son retour en Allemagne, il reprit ses fonctions d'avocat. En 1925, il épousa Daisy Hill, jeune femme de famille aisée, et je naquis en 1933.

Mais une fois le parti nazi au pouvoir, il perdit sa clientèle juive et connut ainsi de sérieuses difficultés financières. Il n'adhéra pas au parti, mais s'engagea dans la Wehrmacht au début de la Deuxième Guerre mondiale. Il était alors proche de la faillite.

Son journal débute le 28 mars 1944, lendemain de son 59e anniversaire : la guerre d'agression injustifiée est perdue, mais les nazis ne veulent pas l'admettre.

On y lit à quel point il les exécrait. Cependant, il n'a jamais cherché à les provoquer. Il évitait les conflits. Il n'eut pas d'avancement, mais cela lui était égal. Les valeurs qu'il défendait - bienveillance, non-violence et respect de l'ordre - n'ont plus guère cours aujourd'hui. Il a montré comment on pouvait les vivre et, par-delà les années, il a été pour moi un exemple. Grand sportif, il participa à des matchs de hockey et de tennis (en témoignent encore les trophées), et fut membre d'honneur de l'Association suisse des alpinistes; il disait pratiquer ce sport non par amour de la nature, mais seulement parce que, selon lui, il s'agissait de «montrer qu'on était capable de résoudre un problème moyennement difficile». Et c'est ainsi qu'âgé de 70 ans, il faisait encore à ski, avec moi, la descente de Schauinsland jusqu'à la vallée !

À bien des égards, ce fut quelqu'un d'exceptionnel. Il ne parlait pour ainsi dire jamais de son journal, rédigé en secret, et que j'ai retrouvé dans sa succession, sous forme de texte manuscrit. Inédit en Allemagne, il a été traduit dans son intégralité pour la présente édition.

Je remercie Jean-Paul Colin pour la traduction, et espère que ce livre rencontrera l'intérêt des lecteurs.


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