Des images. Publiques et intimes. La photographie d'une soldate. Le ventre d'une mère. Les mots doux et cruels d'une femme aimée. «Je voulais parler de l'innommable. De la terreur. Du meurtre. Je voulais parler du retournement. De Janus. Du sourire et des dents. Les journaux écrivent que c'est une tragédie. L'art de la tragédie reposait sur l'art guerrier. C'étaient des arts politiques. Il n'y a pas de raison politique à l'atrocité de ces images. La tragédie n'a plus cours au théâtre. Même mises en scène ce (...)
Au XVIIIe siècle, l'infanticide perpétré par Médée fascine autant qu'il révolte les spectateurs. Par son crime, la magicienne de Colchide devient un «monstre», c'est-à-dire un prodige qui ne peut être porté à la scène qu'avec précaution pour ne pas provoquer de rejet. Mais le personnage hérité de la mythologie antique est aussi une formidable occasion pour introduire des changements spectaculaires de décor et autres effets de machinerie : le merveilleux trouve sa pleine justification dans les pouvoirs occul (...)
Le sentier des fleurs est, littéralement, au Japon, le chemin que parcourent l'acteur de kabuki et le lutteur de sumo, depuis la solitude d'une loge ou d'un vestiaire jusqu'à la scène, l'aire de combat.
Ici le chemin est celui emprunté par la voix d'une personne. Volontairement isolée dans le silence, la nudité d'une pièce vide, elle pousse le dépouillement jusqu'à l'extrême pour laisser venir à elle une nouvelle vie. Ce sont alors d'autres voix - rêvées ou réelles - qui se croisent, des figures animales o (...)
«Il faut se représenter quelque chose qui ne soit pas l'amour. Une manière de se toucher qui ne voudrait rien dire, qui serait une autre manière de se toucher, simplement. Elles se caressent et leurs peaux, on jurerait que leurs peaux s'enlèvent, et soudain c'est elles que l'on voit, elles. Débarrassées. Elles se regardent encore, durement, et elles s'effleurent du bout des doigts. L'on se dit elles s'aiment finalement et c'est ça le plus important. Elles s'aiment» (extrait, p. 52, didascalie).
Des Lambeau (...)
Cette oeuvre très personnelle de Diderot est centrée sur la figure du Père, attentif et bon, qui doit faire face à la rébellion du fils. Les personnages doubles, à l'exception de la pure Sophie, s'affrontent dans un conflit de génération, qui malmène l'ordre social, et mettent en avant leur propre conception de la notion d'«honnête homme».