1953 : La Nouvelle Revue française renaît de ses cendres. Jean Paulhan, alors septuagénaire, cherche des regards neufs : Jean Grenier lui présente le jeune Georges Poulot, tout juste âgé de trente ans, ancien sociétaire de la Comédie-française avec Gérard Philipe, lecteur pour le TNP de Jean Vilar. Ainsi débute à La NRF celui qui prend le nom de Georges Perros.
Cinquante-huit critiques et quelques «papiers collés» plus tard, le «petit noteur» est devenu un écrivain à part entière. Entre temps, il a préféré (...)
La Jeunesse morte est le premier et seul roman que Jean Guéhenno (1890-1978) ait jamais écrit : inédit jusqu'à ce jour, ce récit autobiographique évoque la Grande Guerre, sa Grande Guerre.
Tout comme Jean Guéhenno, Toudic, le héros de La Jeunesse morte, est un jeune provincial, d'origine modeste, qui a réussi le concours de la rue d 'Ulm. Doté d'une " foi farouché en la puissance des idées ", Toudic croit en l'importance des livres et des maîtres, en la grâce de la paix et de l'amitié. Au Quartier latin, i (...)
«Mon vice n'est donc point tant l'amour, ni la recherche du plaisir le plus bas physiquement, puisqu'au fond, je fais surtout l'amour pour gagner ma vie et obtenir de mes maîtresses les rentes nécessaires à mes appétits et à mon égoïsme, mais en tout premier lieu et avant tout, les toxiques, et en particulier la morphine, dans l'ivresse supposée de laquelle je vautre mon âme calculatrice et mon corps amoureux de léthargies artificielles qui permettent d'oublier les déconvenues de ma carrière illicite mais t (...)
«Un homme raconte son histoire, et ce sera celle de tous et de personne» : cette édition originale des premières années du Journal de Henri Thomas, qui vont de 1934 - fin de son adolescence sensible et imaginative, jusqu'au lendemain de la mort d'Antonin Artaud -, a été établie par sa fille, Nathalie Thomas, préfacée par Jérôme Prieur et annotée par Luc Autret.
Fils d'un paysan vosgien, mort des suites de la grande guerre, et d'une institutrice, Henri Thomas se distingua dès le lycée par un premier prix de (...)
«Par amour de l'aventure, de l'ombre qui masque et de l'équivoque, j'ai préféré le mardi-gras où l'on pleure sous son masque, à tous les jours, et me voilà grimée pour la vie en pantin que rien ne casse, en fantoche de bois. Horreur ! Puisque tu es si consciente, me direz-vous, ô mes rares amis, pourquoi ne pas t'arrêter, ne pas reprendre souffle, pourquoi ? Parce qu'il est déjà trop tard, ou bien trop tôt, vous dirai-je, parce que je suis contaminée, parce que maintenant l'ennui me terrasse dès que je m'ar (...)