Quelques formes, quelques lignes, peu ou pas de couleurs, voilà ce qu'on pourrait décrire comme le territoire de Robert Groborne, depuis quarante ans qu'il en prend la mesure, obstinément.
Son oeuvre, subtile et sensible, se joue de toutes les contraintes, de tous les refus, de tous les dépouillements par lui-même acceptés, sinon choisis et revendiqués, pour venir opérer dans un espace sans frontières. Un espace traversé, où se croisent toutes les sortes de «disciplines» : les grandes catégories commodes (...)
«Des cataractes wagnériennes tombées du ciel, des maelströms sous-marins tourbillonnant sans répit, des scènes éruptives et volcaniques, qui hésitent entre apocalypse et création du monde, des déluges d'eau et de feu, des tsunamis violents de flux et de reflux : les récentes peintures sans pinceaux de l'artiste coréenne Hong Insook s'appréhendent sur le mode cataclysmique. Traversant le liquide amniotique de la couleur rendue à l'eau, ces images d'indécision entre l'être et le néant, qui renvoient tout auta (...)
Vous comprenez que le choix fait régulièrement ici concerne moins, comme semblait dans un premier temps l'affirmer l'apparence, un certain genre de représentation que la construction d'une présence capable de s'élever dans le regard en y appelant une élévation réciproque. Vous sentez à présent que votre intériorité rencontre ici son expression en se mêlant à celle que l'artiste déposa dans son oeuvre et qu'il s'ensuit une sorte d'accouplement aérien d'où jaillit votre satisfaction visuelle. Vous passez déso (...)
La peinture d'Anselme Boix-Vives traverse le XXe siècle à la manière d'un météore, d'une trace de feu, provoquant chez ceux qui la reçoivent la même émotion que celle suscitée par Fra Angelico au XVe siècle. Quoique ramassée dans le temps et limitée à une seule décennie, elle constitue une acmé dans l'espace du XXe siècle et une trouée dans le temps de l'histoire de l'art. À l'aube du XXIe siècle, ce «(ré)aménagement du monde», furieux et originel, demande encore à être interrogé.
L'histoire de cette vie e (...)
On ne comprend rien à la mystérieuse peinture pour aveugle d'Aurel Cojan si on ne la replace pas dans sa profonde «roumanité». Les «ébauches de vertige», exsangues et tremblotantes de ce peintre né, comme Brancusi et Cioran, aux confins de l'Europe, en Munténie fruitière et volcanique, forment d'étranges icônes modernes, sorte de trait d'union entre Orient et Occident. Peinture vampiresque, aussi impalpable qu'un dernier soupir, qu'une goutte de sang ou qu'un bouquet de fleurs fantômes à la Stefan Luchian (...)