Prévu en trois volumes The Goddess of War est une attaque déjantée contre les faiseurs de guerre. Débridé, le récit explose de toute part. L'esthétique décadente y consacre une guerrière fatiguée, l'arrière petite fille du Dieu Thor, éprise d'un humain, sorte de Barbarella contemporaine givrée sous amphétamines.
Entamé alors que G.W. Bush envoyait ses troupes en Irak, le récit de Lauren Weinstein mélange l'histoire guerrière des États-Unis à une sorte de cauchemar halluciné qui renouvèle le genre de la science fiction américaine.
Barbarie graphique, humour cinglant, narration explosive, nous sommes émerveillés par tant d'inventivité et de vitalité graphique. Si l'Amérique croyante et puritaine peut passer son chemin, ce serait un grand mal de rater un tel album, qui prend aux tripes et nous en met plein les yeux. Incontournable, indispensable !
Jacques Astruc : Les vieilles
- Pascale Gautier
- Joëlle Losfeld, Paris, France
- 02/06/2010
Dans le village paumé de "Trou" ( !), il n'y a presque plus que des vieilles ! Les vieux les ont lâchement abandonnées, en passant de l'autre côté. N'en reste qu'un, l'Homme de ces dames, 90 ans, qui balade sa virilité déclinante en short bleu. Le seul "jeune" du pays, l'unique a avoir échappé au chômage, est incinérateur (de cadavres s'entend !), un métier qui ne connaîtra pas le chômage de si tôt ! Elles s'ennuient ferme, les "vieilles" ! Heureusement, une jeunette de soixante ans à peine, veuve précoce, va venir les réveiller ! Un régal d'humanité, très apprécié des 60-100 ans. Hilarant !
Jacques Astruc : Mon roi mon amour
- Robert Pagani
- La Table ronde, Paris, France
- 07/04/2010
Un petit bijou stylistique, ciselé avec la précision horlogère d'une bombe à retardement. L'auteur est suisse et ce premier roman génial tourne autour d'un attentat manqué lors du mariage du Roi Alphonse XIII, le 31 mai 1906 à Madrid... Attention les beaux anarchistes rôdent près des palais, et la mariée, jeune fille de bonne famille, rencontrera l'amour et le sang mêlés ensemble. Sa nuit de noces sera remplie de surprises. Un texte d'une rare virtuosité, hanté par la violence du 20e siècle. La grand-mère de Juan Carlos était une sacrée coquine ! Une ironie à la Dali traverse cette prose où rien ne pèse. Coup de coeur des bibliothécaires parisiens.