"Mon patron s'appelle Dolto. C'est un petit homme suave d'une quarantaine d'années assez rond à l'extérieur mais géométriquement pourri et sans pitié à l'intérieur. Aidé par trois garçons baraqués, il vient de déménager le coffre-fort de l'entreprise. Le coffre-fort de son entreprise. Et cela de nuit, un mardi, alors qu'il était censé être en vacances. J'ai pris des photos. Le coffre a été embarqué dans une camionnette blanche que j'ai photographiée aussi. Il se croit malin Dolto, mais avec moi il a tout fa (...)
" On m'attend sur mon deuxième bouquin il paraît.
Eh bien on m'attendra longtemps parce que je n'en ferai pas. C'est ce que je me disais après la parution de Remords d'un comique voyageur, mon premier roman. Le succès m'avait fait peur, je ne m'y attendais pas, et puis la foule m'inquiétait pendant les signatures, mes tendances paranoïdes s'en étaient trouvées aiguisées et logiquement j'échafaudais des hypothèses solides en apparence "C'est bien beau tout ça mais ça peut mal s'achever, dans un Salon du liv (...)
«Dans l'escalier retentissait en écho la voix d'un éducateur qu'on empêchait d'intervenir : "Ne les frappez pas ! Ne les frappez pas !" Les mutins avaient résisté toute la journée. Le groupe d'intervention n'était parvenu à les maîtriser qu'à la nuit tombée, sous un tir nourri de grenades lacrymogènes. En détention, les mômes avaient tout cassé et, par solidarité avec les mutins, certains avaient brûlé leurs cellules. Les gardiens étaient intervenus dans les étages et c'avait chauffé. Une cinquantaine de dé (...)
Marcel Tous a rendez-vous au bureau 44, dans la tour d'une société d'assurances multirisques. Il doit y récupérer des clés. Il a bu, beaucoup. Tout va mal avec sa femme depuis qu'il a pris sa retraite. Elle a fui le foyer, la ville, pour se réfugier dans leur résidence secondaire à la montagne.
Ivre mort, Marcel Tous se retrouve rapidement dans les sous-sols de l'immeuble. Pourquoi un homme en blouse grise pousse-t-il un chariot sur lequel repose un corps recouvert d'un drap ? Pourquoi les couloirs se tran (...)